vendredi 30 avril 2010

semaine 7: le roller derby

l'auto qui était juste devant la mienne
14h. J’ai encore une fois dormi seulement cinq heures, et j’ai heureusement convaincu mon petit papa de me prêter sa voiture (je me sens parfois comme Tanguy) pour aller à mon activité de cette semaine: la finale du Roller Derby de Montréal. C’était pas très loin de chez moi, mais j’avais les pieds en compote après ma fin de semaine en position verticale et aucune envie de prendre mon vélo.
La première fois que j’ai entendu parler de filles qui se plaquent en patins à quatre roues est quand le film de Drew Barrymore est sorti, ‘Whip it!’, film qui parle justement d’une fille qui commence à faire ce sport et que je n’ai pas regardé et que j’aurais peut-être dû avant de me pointer là bas.
Après renseignements, au départ, le Roller Derby était un sport d’origine américaine autant pour les hommes que pour les femmes et c’était plus une course d’endurance qui pouvait aller jusqu’à plusieurs kilomètres, mais le Roller Derby d’aujourd’hui est un sport international et à prédominance féminine qui privilégie les bagarres et les contacts. Dans la description Wikipédia sur le Roller Derby, il est écrit que ‘l’imagerie des joueuses est fortement influencée par la mode punk/rockabilly/pin up, la vague du Do It Yourself et le monde des films d’horreur’, et je peux affirmer que ce n’est pas juste les joueuses qui s’habillent comme tel, mais les spectateurs aussi. Et un petit truc : vous êtes gaies et célibataires? Allez aux tournois de Roller Derby, oh que ça se cruisait là bas, mesdames…
c'est parti

Donc j’arrive à l’aréna St Louis avec deux petites toasts au Cheez Whiz dans le ventre (mon petit snack’n’trash préféré, avec les toast au cretons) en même temps que mon amie Viviane, quel timing. Dès qu’on entre dans l’aréna, on sent tout de suite l’odeur de sueur humaine mélangée à celle de la bière et de l’haleine pâteuse, et ça ne sent pas très bon… L’ambiance est agréable, les gens sont amicaux, des enfants courent un peu partout. Au centre de la patinoire sans glace se trouve deux cercles orange fluo en forme de 0 qui délimite la zone de la course, et à gauche il y a de petits kiosques, une foule de gens qui jonglent, jasent, ou boivent de la bière, et une pyramide de canettes de bières vides. On s’installe dans le haut des gradins et on observe.
Quelques filles en patins tournent sur la piste, cela semble la période de réchauffement. Viviane et moi se demandons comment diable devient-on roller girl, ou pire encore, arbitre de Roller Derby… c’est vraiment une activité underground, ce n’est pas le genre de truc qu’on affichait sur le babillard d’activité à mon secondaire et même au cégep. On voit quelques hurluberlus, dont un habillé d’un trench coat en toutou couleur léopard orangé, des cheveux jaunes dégradés orange, une jupe de tennis noire et aux motifs léopard, un t-shirt blanc trop serré sur sa bedaine ronde, des bas blancs montés jusqu’aux chevilles avec des têtes de mort noires et des souliers de skate; il avait l’air de sortir d’un clip de Offspring des années 1995. Il était pas le seul, d’ailleurs.
Et ça commence. (Je vais vous épargner la première heure et demi d’incompréhension du jeu…) Des bloqueuses de chaque équipe se placent sur la ligne de départ et une joueuse –de chaque équipe encore une fois, désignée par une étoile sur son casque se place un peu plus loin. Le but du jeu est que la joueuse avec l’étoile réussisse à dépasser le peloton de bloqueuses de l’équipe adverse, aidée par les bloqueuses de sa propre équipe; alors imaginez vous qu’il y en a des chutes, et d’ailleurs, le monde aime ça en voir d’autres se péter la gueule; la foule criait à chaque plaquage/chute. Il n’y a cependant pas eu de sang, ou de cheville blessée, heureusement. Donc une fois que la joueuse étoilée a dépassé le peloton, ça fait un point pour son équipe, et si elle réussit à le dépasser une fois de plus, ça donne cinq points. J’imagine qu’il y a d’autres subtilités aux règles du Roller Derby, mais bon, en gros c’est ça qu’on a compris, et je n’étais pas dans le mood pour me faire expliquer les règles en détails par mes voisines.
Après quelques temps on a décidé de se mettre à la bière; de la bonne Blue Past Ribbon en cannette à 2,50$. On a assisté aux demi-finales : en quatrième place on retrouve les Gore Gore avec leur costume en léopard et en troisième les Ditas en rouge et noir. Mention d’honneur à la bloqueuse ‘trash’n’smash’, de chez les Ditas, très efficace. D’ailleurs, je m’attendais à ce que les filles qui pratiquent ce sport soient fortes de taille, pour mieux bloquer, comme au football, mais non, la plupart sont petites, minces et ont l’air d’avoir des cuisses et un petit cul en béton. Assez pour me rappeler que je ramollis de plus en plus...
le trophée
Puis il y a une pause d'une heure avant la finale… une heure! Que faire? Je suis allée regarder les kiosques : des bijoux étiquetés de 40 à 80$ fait avec des genre de broderies que normalement t’es supposé déposer sur un tissus et passer le fer à repasser dessus, et ça colle (comment prendre les gens pour des cons), des livres sur le skate, le patin à roulette et sur la vie, dont un qui s’appelait ‘my first time’(!), des jupes de tennis noires avec les replis en carreauté rouge et noir et/ou autres motifs punk, des gogosses inutiles et laides, des plaques d’interrupteurs peinturés à la main, tous différents (il y en avait des chouettes), d’autres bijoux vraisemblablement fait à la main et en argent à cause de leur prix, mais vraiment beaux, des roulettes et autres bidules pour des patins… Retournée à mon banc, on a continué à boire et à jaser, puis un gars a commencé à faire des pirouettes en patins, il était très bon. Il a ensuite demandé à quatre personnes de se coucher par terre et il a sauté par-dessus eux; la foule l’a applaudi chaleureusement, et là il a demandé à dix personnes de se coucher par terre : c’est long, dix personnes! J’avais juste envie de mettre les deux mains devant le visage et de regarder entre mes doigts tellement j’avais peur qu’il atterrisse sur quelqu’un. Eh non, il a réussi…
les photos de la fin
La finale a commencé. Je vous jure que j’étais complètement hypnotisée par qu’est ce qui se passait sur la piste, les fesses au bord de mon banc; les joueuses étaient de calibre, c’était serré tout le long de la partie. C’était les Filles du Roi, en mauve, contre les Racailles, en vert; la foule était en délire total :ça criait, les gens étaient debout, complètement transportés par le jeu. Puis, vers la fin, les Filles du Roi ont fait plein de points pour finalement gagner 33 à 20. La débandade : les filles se serraient dans leurs bras, il n’y avait plus de couleurs ni d’équipes, tout le monde était heureux. Toutes les équipes se sont rassemblées pour les photos, c’est à ce moment qu’on a décidé de quitter, nous qui pensions rester là seulement deux petites heures et qui sommes restées quatre heures et demi, on en avait assez vu –et mes toasts au Cheez Whiz étaient pas mal loin...



vendredi 16 avril 2010

semaine 6: la voyante

L’activité de cette semaine me trouble au plus au point: aller consulter une voyante que j’ai vulgairement trouvé sur Google en tapant ‘voyante à Montréal’. J’étais tellement stressée que j’ai demandé à mon amie Karine de m’accompagner. Ça me stresse beaucoup parce que ce n’est pas vraiment mon genre de vouloir connaître mon avenir… et si elle ne me disait que des choses négatives? Juste prendre le rendez-vous m’a donné des sueurs froides. Mais dans le domaine de la voyance, je suis plutôt intriguée par le fait que quelqu’un d’inconnu peut peut-être connaître quelque chose de ma vie que moi-même je ne sais pas encore.
On est arrivées une demi-heure en retard, car on s’est perdues dans les rues qui se séparent et changent de noms de Montréal Nord. Non, ce n’était pas une grosse dame noire qui tranche des cous de poulets et qui lit dans le sang, comme m’a demandé plusieurs personnes. C’était une petite femme, à taille forte certes, cheveux javellisés, à la peau blanche et avec un air d’avoir passé une vie rock’n’roll, avec son petit tatou bleu rendu flou sur le début de son sein gauche. Une odeur de cigarette et d’animaux flotte dans l’air. Je me sens quand même à l’aise, comme si j’entrais chez une amie, mais j’ai très chaud; j’ai les mains moites comme quand je regarde quelqu’un monter dans une échelle qui branle. C’est contradictoire, mais c’est exactement comme ça que je me sentais.
La séance débute : elle me demande de brasser les cartes de tarot. Je suis un petit peu déçue; je pensais qu’elle allait lire le futur dans le vide, comme ça, en me regardant, comme ils font à la télé, mais bon, je brasse. Après m’avoir demandé ma date de fête, et me dire ‘aah, une sagittaire…’ – euh non, je suis scorpion, ça part mal, elle m’explique qu’elle va lire les cartes dans le sens général de ma vie et qu’ensuite je pourrai poser des questions plus précises. Je dois étaler les cartes devant moi et lui en donner une quand elle me le demande. Elle commence en me disant que je ne suis pas facile, que quand j’ai une idée, je ne recule pas, que j’aime la stabilité, qu’avec moi c’est tout ou rien, que je travaille beaucoup et plus encore. Et moi, pour ne pas lui donner des idées sur qui je suis, au lieu de dire ‘ooh oui, oui, je suis de même, moi’ je faisais juste hocher la tête avec un air de ‘je suis en train d’apprendre quelque chose’ et répondre par réponse binaires ou très floues. Elle me prédit beaucoup de changements, beaucoup, beaucoup de travail, que je suis en grosse réflexion, je pense beaucoup, que je vais faire un grand ménage, physique et/ou mental, elle me voit déménager aussi… bref, ce qu’on peut dire à pas mal de monde. Que les deux prochains mois je vais bouger beaucoup, que juillet et août seront plus calmes et qu’en septembre ça va repartir de plus belle et ce pour plusieurs mois. Elle me dit que quelqu’un a une demande ou une proposition à me faire pour du long terme mais que cette personne est gênée de me le demander. Puis, un ‘flash’ :
- Je vois un nom avec ‘er’ dedans, er, er, Pierre… elle marmonne, un nom composé, Pierre, Pierre-André, oh, peut-être que c’est Lierre, quelque chose ‘er’, un nom de commerce peut-être? Je vois une devanture d’un commerce…tu as beaucoup d’énergie, toi, tes cartes sont extrêmement énergiques! s’affole-t-elle.
Je ne connais pas de Pierre-André, et plus j’y pense, il n’y a personne de mon entourage masculin proche qui a un prénom composé. Elle me dit que je vais avoir de l’argent dans la vie, que j’économise en pensant à l’avenir (pour ça, elle n’a pas tort : mon garde-robe est en tout point pensé à mon avenir, elles sont là, mes économies, et elles sont belles), que je suis prête à patienter longtemps pour avoir ce que je veux, que je vais acheter quelque chose de big prochainement qui sera une grosse dépense. Elle me dit que je m’inquiète pour quelqu’un proche de moi qui a de petits problèmes. Bon, vous en convenez, c’est assez flou dit comme ça, mais j’ai l’impression malgré moi que ça me concerne.
Ma première question était ‘est-ce que je vais avoir un jour mon restaurant?’ (n.b. je n’ai pas l’intention de l’appeler Pierre-André). Elle me fait tourner plusieurs cartes pour en arriver à la conclusion que oui, je vais trouver un beau local, très bientôt même, qu’un homme très important dans ma vie va être avec moi et va m’aider, qu’il y a de très belles énergies dans les cartes que j’ai sorti. Elle me dit que je vais être chanceuse dans le malheur (la maladie pour être précise) de quelqu’un : comme par exemple quelqu’un va mourir et me laisser un héritage ou quelqu’un va mourir et je vais reprendre le bail de son local, quelque chose dans ce genre là. Je préfèrerais de loin la deuxième option… puis, elle a un autre ‘flash’ :
- Je vois un autobus, un avion, des bancs de moyen de transport, et c’est très luxueux, ils sont noirs, blancs et rouges, en velours ou un tissus riche quelconque. Un train, peut-être? se pose-t-elle la question. Il y a un lien avec ton travail; peut-être vas-tu voyager pour le travail, ou œuvrer dans le tourisme dans le futur, je ne sais pas. Il y a beaucoup de luxe, en tout cas!
Ouh, n’importe quand, un voyage en première classe avec des bancs en velours. En juillet ou août, il paraît que ça sera calme dans ma vie…
Ensuite, je lui donne une photo de mon copain et lui demande de me parler de lui. Elle flatte la photo, ferme les yeux et rigole doucement. Elle me dit, textuellement, en riant : « lui, il a quelque chose de magique dans sa tête! » Elle me dit qu’il est un éternel enfant, et elle se met à battre l’air de ses mains en disant :
- Je le vois taper partout, il tape, dit-elle en faisant les mouvements de quelqu’un qui joue de la batterie.
Mon chum joue de la batterie. Là, j’étais sur le cul, quand même, ça courre pas les rues, les drummers. Et elle me dit ensuite que les enfants l’attirent. Fuck.
- Dans le sens, il aime les enfants enjoués ou il veut des enfants??? je dis, choquée.
Elle se concentre très fort.
- Je regarde son côté logique, et il ne veut rien savoir d’avoir des enfants, mais dans son côté créatif, il en aurait douze.
- Douze????? je hurle.
- Ben c’est une façon de parler, je veux dire qu’il en aurait sans hésiter.
- Mais là, est-ce que lui et moi, on va avoir des enfants? je demande, pas trop sûre si j’ai vraiment envie d’entendre sa réponse (et si j’y crois).
Elle se concentre encore une fois.
- Je ne sais pas… je… je ne vois pas… hey, tu les as les questions, toi!
Ça l’air que seul l’avenir, le vrai, va nous le dire. Et là elle me dit que mon copain est quelqu’un qui se fout un peu trop des choses de la vie. Un adepte de la procrastination, un mec avec un caractère ‘je m’en contrefous ’. Là, je reconnais mon chum. Elle me dit que c’est son seul gros défaut, mais que ce dernier va lui apporter beaucoup de problèmes, qu’il va devoir en payer le prix; je lui demande, ‘en argent ou en émotions?’ et elle me dit :
- Les deux! Comme par exemple s’il ne payait pas ses contraventions et qu’il se faisait arrêter bêtement pour un arrêt manqué et qu’il perdait son permis de conduire, que son char allait à la cour à scrap, et qu’il a ensuite plein d’amendes… un genre d’histoire qui aurait pu être évitée très facilement mais qu’il aurait laissé traîner trop longtemps… elle me dit.
Et là, j’ai pensé immédiatement à mon chum, roulant sur son vélo comme un malade mental douze mois par année, sans carte d’assurance maladie parce qu’il est trop vedge pour la refaire à temps (ça doit faire deux ans maintenant) même si je ne cesse de lui rappeler d’aller simplement porter son maudit formulaire et sa photo au CLSC qui est à une quinzaine de rues à l’est de notre maison, ce qui veut dire, vraiment pas loin pour un cycliste fou, mais monsieur a toujours des choses plus importantes à faire, comme par exemple aller jouer au Nintendo avec son ami Spaz, ou dormir toute la journée, ou faire la vaisselle (!), ou faire des devoirs (bon, je ne peux pas rivaliser avec les études, mais quand même, ça prend 30 minutes gros max aller faire faire sa carte d’assurance maladie...). Elle me dit qu’il est un grand romantique (ah bon?) et qu’il a un grand projet à me proposer et que je vais répondre ‘est-ce qu’on peut y réfléchir?’ (ceux qui pensent mariage : oubliez ça!). Elle me dit qu’on est un couple très équilibré, dans le sens que quand un de nous deux est brûlé, l’autre en prend soin et vice versa, et elle me dit qu’on est encore ensemble pour de nombreuses années.
Bon!
En sortant de là, j’étais légèrement retournée (mais c'était peut-être aussi la faim; je me mangeais l'intérieur). Elle a quand même soulevé des détails précis… je dois vous avouer que je ne dis pas tout ce qu’elle m’a dit, parce qu’il y a des trucs trop personnel et ça serait bien trop long tout écrire de quoi on a parlé. Je ne sais pas si j’y crois ou pas, mais ce que je me suis rendue compte, c’est que c’est bien moins cher qu’un psychologue, que ça te dit à peu près ce que tu veux entendre et que c’est une genre de motivation positive. Si je devais choisir un moment où j’irais voir une voyante, c’est quand je suis déprimée. Ça redonne un p’tit brin de confiance en soi, même si c’est peut-être des sornettes. C’est comme si parce qu’elle m’a dit que je vais avoir mon resto un jour prochain que je vais travailler encore plus fort pour que ça marche. Danielle médium.com, je t’invite à l’ouverture.