vendredi 7 janvier 2011

semaine 38: le rafting des neiges

Il y avait plein de monde qui étaient supposés venir avec nous, mais finalement, Karine et moi on s'est ramassées seules; mais c'est pas grave, quand on est ensemble, on se fait ben du fun.  Surtout qu'on allait faire de la trippe; ça faisait environ deux semaines qu'on en parlait.  On est parti tôt, enfin, à 11h le matin, et pif paf, mon iPod dans les mains de Karine qui m'a encore fait écouter toute la musique des années 80 qu'elle a pu trouver dessus (voir semaine 20 "le Duché de Bicoline").  Ça nous a pris deux heures se rendre là bas, aux glissades St Jean de Matha; on a presque failli passer tout droit, mais les yeux d'aigle de Karine ont repérés la pancarte 'rafting', et on s'est mises à crier parce qu'on était arrivées.  Comme deux bonnes filles.


Après avoir payé (22,50$ pour deux heures! Putain que c'est cher, pour quelques pneus), on a pris d'assault la montagne, armées de nos trippes bleues et grises.  Puis on a décidé de commencer par ce qu'on était venu faire: le rafting des neiges, alors on a monté encore plus haut dans la montagne, et on s'est placé dans la ligne 'rafting' en attendant des amis.  Voilà pourquoi il faut y aller en bande...  Après quelques minutes, on est devenus amis avec une bande de jeunes, et ils parlaient arabe, alors j'ai sorti un beau "aaah, habibi!" et ils ont tous rigolé.  Je sais comment amadouer les arabes, moi.  On a fait notre première descente, et on a franchement été déçues; ça durait environ huit secondes, il n'y avait pas de bosses, ou autres terrains accidentés qui aurait pu nous faire penser qu'on était vraiment dans un rafting des neiges, et j'ai failli perdre ma tuque tellement que ça va vite.  Et quand ça va vite comme ça, je peux juste m'imaginer de quoi j'aurais l'air s'il devait arriver un accident à cette vitesse là, et je crains pour mes os et mon portefeuille (un os pété équivaut à ne pas pouvoir travailler pour moi, puisque je suis physical à toutes mes jobs).  Donc, oui, on a été déçues.  Mais puisqu'on était là et qu'on avait payé cher pour l'être (faut pas oublier le gaz pour se rendre), on a continué à descendre des côtes en pneu, en riant vraiment beaucoup de tout et de rien.  Tant qu'à être là, aussi bien s'amuser, eh.


Il y avait plein d'enfants, et on se demandait vraiment comment ça se faisait qu'ils n'étaient pas à l'école... les vacances du primaire, c'est terminé, non?  Anyway, il n'y avait pas trop de monde, on attendait pas pour monter dans les monte-pneu goudronnés, on attendait pas non plus pour glisser.  Et c'est en regardant cette faune de jeunes humains qu'on s'est rendu compte que on était les deux seuls adultes sans enfants.  Ils étaient tous en famille, avec leur école/camp de jours/garderie/whatever, ou encore c'était une bande d'adolescents boutonneux et fiers de vivre que l'on croisait...  et puis là, Karine s'est mise à analyser:


- Tu te rends compte que toute ces petites filles de 10 ans, quand on va en avoir 40, ce sont elles qui vont nous voler nos chums ou nos maris avec leurs petits corps de jeunes nymphes?


- J'veux pas me marier, mais oui, vu sous cette angle là, ça pourrait arriver.  C'est vraiment bizarre comme réflexion, j'aime pas regarder des fillettes en les imaginant plus tard en train de fourrer, Karine, j'ai ajouté.


- Pis tsé, elle a continué, même avant ça, 17-18 ans, c'est pas dans très longtemps, ça va passer comme un éclair ces années là, et elles seront nos plus grandes compétitrices.  Regarde celle-là, elle a dit en pointant une petite fille d'environ 12 ans qui courait vers ses parents, elle est juste à point.


- Ah, franchement, j'ai dit sans ne pas pouvoir m'empêcher de rire.


Après quelques glissades et autres réflexions niaiseuses sur la vie, on a décidé d'aller faire un tour de cariole en mangeant les sandwiches que j'avais préparé le matin même.


- C'est bien de manger avec un relent d'odeur de merde de cheval, a trompeté Karine.


- Ça va vous faire plus de protéines, a répondu une madame devant nous.


On a vu de beaux paysages de campagne québécois, du genre un tas de vieux pneus et des vieilles machines inutilisées, bref, une belle cour à scrap.  De toute beauté.  Puis après, on a voulu monter dans le petit manège qui s'appellait "new york airport" mais la fille voulait pas parce qu'elle disait qu'on était trop lourdes et qu'on allait péter le manège.  Hon.  Alors on est retournées glisser, et on s'est dit, "bon, on s'en va faire du rafting encore, alors pas besoin d'apporter de trippes individuelles avec nous".  Et quand on a voulu monter dans le remonte-pneu, le vieux pet qui travaillait là nous a dit:


- Vous ne pouvez pas monter sans pneu...

- Mais on s'en va au rafting, alors on en a pas de besoin, j'ai protesté.  Il y en a plein en haut.


- Tu vas me laisser finir, a-t-il tonné, et il a expliqué pourquoi, deux fois plutôt qu'une, avec un ton de marde que tu as juste envie de frapper la personne.  Alors on est revenu sur nos pas et on est allé chercher une trippe.  Quand on est arrivé près des remonte-pneus, on a pris l'autre ligne, celle où le vieux bonhomme ne travaillait pas, et son collègue nous a dit, avec un sourire en coin:


- Pourquoi vous apportez une trippe si vous allez faire du rafting?


Et là j'ai vu le vieux qui riait à côté, alors j'ai fait un "pffft!" avant de sauter sur mon remonte-pneu, mais pas Karine, qui a crié bien fort:


- C'est à cause du vieux schnoque!


Et en sautant sur son remonte-pneu, elle l'a aperçu et s'est mise à hurler de rire:


- Je l'avais tellement pas vu!  Penses-tu qu'il m'a entendu?


- Oh que oui...


Puis on a fait une dernière descente de rafting avec une famille qu'on a rencontré en haut de la montagne, et une autre descente ensemble, sur une trippe à deux.  Il était 3h, notre deux heures était terminé et on en avait assez, de toute manière.  C'était pas aussi jouissif qu'on s'y attendait... on a toujours trop d'attentes, je crois.



Karine et Dieu

On est retourné à Montréal, où je suis allée faire ma radio 33mag que je fais dorénavant à chaque mercredi à 19h, je vous laisse l'adresse: http://www.ustream.tv/channel/bonhomme7heure, et je vous avertis que le gars qui fait l'animation, Mononcle, est un sacré personnage et que parfois, je ne sais juste pas quoi répondre à ses propos, et que d'autres parfois, il me fait passer pour une vraie conne, mais bon, hein, on se fait du fun à faire cette radio là, et j'espère que vous l'écouterez avec un petit zeste de deuxième niveau.  J'ai donc callé une bouteille de vin blanc pendant l'émission (le vino verde se boit trop facilement), après je suis allée souper chez Karine, qui habite à un bloc du bureau 33, et puis on a continué à boire toute la nuit.  Je vous raconte tout ça parce que ce soir là, dans notre tournée des bars, on a rencontré Dieu, pièces d'identités incluses.  C'est un asiatique à tresses de black qui fait du breakdance et des fuck you.  Magique, non?

...

Les deleted scenes de ma journée sur le http://www.33mag.com/, lundi prochain, comme à l'habitude!