jeudi 14 octobre 2010

semaine 28: le bar de lesbiennes new-yorkais, et plus encore.


NewYork
 Ma cousine Martine m'a demandé il y a quelques semaines si j'étais game d'aller à New York avec elle, parce qu'elle devait assister à un cours.  Je lui ai dit que oui, mais que j'avais pas de dépenses new-yorkaise dans mon budget; elle m'a dit:


- Je t'invite!


Alors, oui, j'étais game.  En criss; j'adooooore New York, c'est ma deuxième ville préférée (Montréal étant la première, eh oui, j'ai Montréal tatoué sur le bicep).  Puis une amie à moi qui travaille à l'hôpital Juif m'a dit qu'il y avait un autobus de Juifs qui faisait Montréal-New York en une ride, sans aucun arrêt: 130$ aller-retour, quand même, c'est 50$ de moins que le Grey Hound, et en plus, on s'arrête pas dans plein de villes chiantes.  Alors on a réservé sur ce bus là.



Un juif dans le bus de juifs

Lundi, 22h.  Mon père vient nous reconduire jusqu'au rendez-vous de l'autobus en chantant ''hava nagila'' à tue-tête et en riant un peu en disant que les Juifs vont passer la nuit à danser et à chanter des tunes juives (j'aurais aimé ça, sincèrement).  Arrivées dans le parking où l'on doit prendre l'autobus, et il n'y a que des Juifs hassidiques autour de nous; boudins, perruques et froques noires.  On était les deux seules... pas-juives.  On rigolait un peu, parce qu'on avait vraiment pas rapport, et moi j'avais ''hava nagila'' dans la tête.  Ma cousine ne voulait pas être en retard et elle voulait surtout avoir des places de choix, alors on est monté dans le bus tout de suite et on s'est assises à la troisième rangée.  Cinq minutes plus tard, le chauffeur est venu nous voir et nous a craché:


- The first five rows are reserved for men!


Oups, sorry.  Alors on est allées dans le fond, en rigolant encore.  Mauvaise idée en criss: leur toilette, leur toilette... c'est la pire odeur de toilette que j'ai jamais senti de toute ma vie.  Une genre d'odeur de pisse, de merde et de produit à toilette chimique.  À chaque fois que quelqu'un ouvrait la porte, j'avais une vague de cette odeur, et j'ai le nez fin, moi, j'ai pas réussi à dormir de toute la nuit.  Aussi parce que je suis grande et que mes jambes ne rentrent pas sur une banquette de bus, et un peu aussi parce que j'avais la vessie pleine et que je refusais d'aller me mettre le cul à l'air dans cette chose. 


Mardi, 5h30.  L'autobus s'arrête à Times Square, et le chauffeur crie dans le micro "Manhattan!".  Alors on se lève et on commence à ramasser nos affaires, quand le micro se rallume et on entend:


- Come on, people! I got other stuff to do!


Maudit qu'on l'a ri, celle là.  Ma cousine, en débarquant, va voir le chauffeur, et lui dit:


- Thank you for your excellent driving!


- It's not me, it's God, a craché le chauffeur.


Priceless.



notre vraie soupe wonton au canard

On s'en va jusqu'à notre hôtel, qui soit dit en passant, était complètement minable (ça rajoute au charme de l'histoire), mais notre chambre n'était pas disponible avant 15h.  J'ai alors calculé mes heures de sommeil depuis samedi matin: un beau gros total de huit.  J'ai supplié ma cousine de me laisser faire une sieste sur le divan crasseux du "lounge" de l'hôtel: un petit 40 minutes.  J'étais pas de bonne humeur quand elle m'a réveillée, mais bon, on allait pas passer notre première journée à New York à dormir sur un divan louche d'un hôtel malpropre.  Alors on est allées se promener dans Chinatown, où je me suis pognée un military jacket fucking hot et des grosses lunettes fumées avec une chaîne.  On a mangé du vrai chinois (yummy) et on s'est fait harceler big time par des quidams qui voulaient nous vendre des fausses bébelles en nous emmenant dans des bouts de ruelles malfamées.



le Broadway Show
 À 13h30, on a décidé que notre chambre était prête et je me suis affalée sur mon lit où je me suis endormie immédiatement.  À 17h, ma cousine m'a réveillée et on a décidé d'aller voir un Broadway show.  On a choisi "The Million Dollar Quartet" qui en gros, raconte une belle nuit dans les années 60 où Elvis Presley, Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et Carl Perkins se sont réunis et on fait un gros jam.  J'avais de la misère à suivre le texte, parce qu'ils parlaient super vite et avec un accent du sud, mais bon, les tunes étaient ben bonnes.  J'avais envie de danser.


Après le spectacle, on a eu faim, et on est tombées devant le Red Lobster; quand j'étais petite, je voyais les annonces de ce resto à la télé, avec plein de homards et de crevettes qui se font asperger par un quartier de citron parfait, et je salivais.  J'ai jamais pu y aller, à cause de ma soeur, qui est allergique.  Puis ils ont fermé les succursales au Québec, et mon rêve de fruits de mer citronnés a été brisé.  Jusqu'à ce soir là.  Compte rendu: on en a mangé des crevettes, du crabe, et des crevettes encore, et environ un quart de livre de beurre chacune... mais bon, j'en fais des meilleures.  Mais au moins je peux dire que je suis enfin allée au Red Lobster.  Je peux cocher ça sur ma liste de choses à faire avant de mourir.



Central Park
 Après une longue nuit de sommeil, je suis allée reconduire ma cousine qui n'a aucun sens de l'orientation à son cours qui se donnait pas loin du Guggenheim et moi je suis allée au Guggenheim.  C'est ben l'fun, marcher en rond dans un musée, mais c'est pas mon fort, moi, checker des toiles.  Quarante-cinq minutes plus tard, j'avais fait le tour (20$ esti) alors je suis allée me promener dans Central Park.  C'est ben beau un parc.


Puis je suis allée chercher ma cousine à la fin de son cours et on est allées se promener sur la rue Lexington où on est passées devant un Bloomindale's et où je devais absolument entrer.  On est allées dans la section souliers après être allées dans la section "intimates" où je me suis acheté un kit de lingerie fucking sexy (et pas mal trop cher mais chut! ça me fait des boules de l'enfer).  Quand j'ai payé, la caissière m'a dit:


- Enjoy!


- Thank you!  But it's not me who's gonna enjoy it...


Il y avait une vieille madame riche à côté de moi, style Park Avenue, tsé les caricatures dans les films?  Pareil.  Elle a fait une face outrée typique, c'était magique.  Je me suis sentie comme Samantha dans Sex and the City quand elle parle tout haut de cul et que les vieilles dames autour font des faces de dérangées.


Donc, on était rendues dans la section souliers (je m'emporte dans mon histoire, faut croire).  J'ai failli perdre connaissance devant tant de beauté, alors je me suis assise de dépit, et un vendeur est venu me voir:


- Do you want to try something?


- Well, I'm a poor lady, you'll work for nothing...


- You don't look like a poor lady to me, you're dressed like a star.


- Oh, thank you! (Quel flatteur, ce vendeur)


- You sure you don't want to try a shoe?


Ravissement instantané.  J'ai essayé des Christian Dior à 950$ US, deux petites merveilles, en suède bleu marin, avec lesquels je n'avais aucune difficulté à marcher, même sur les dalles lisses comme des miroirs, un peu plus et je tournais sur moi-même en riant de bonheur.  Je les ai pris en photo, mille fois (avec mon cellulaire parce que ma batterie de Canon avait lâchée, pis là, ma gogosse pour downloader les photos marche pas -NON j'ai pas de iPhone, barnak), je les ai gardé au moins cinq minutes sur mes pieds, et je vais m'en souvenir toute ma vie.  Une nouvelle chose s'est inscrite au bas de ma longue liste de choses à faire avant de mourir, tiens: m'acheter des vrais Christian Dior.  Ou des Louboutin.  Ou les deux?



Jude au Spice Market

Puis, enfin, le soir de la sortie lesbienne est arrivé.  Mon amie Judith qui habite New York à temps plein (elle est Chef de la délégation du Québec à New York; et quand je dis Chef, je veux pas dire chef de tribu ou chef de guerre, chef cuisinière, bon) et qui est lesbienne m'avait préparé une soirée entre femmes bien arrosée.  On est d'abord allées manger dans un restaurant dans le Meatpaking District, le Spice Market, et c'était extraordinaire.  Moi qui est une chef, vous le savez, je suis extrêmement difficile en matière de restaurants, celui-là s'inscrit facilement dans mon top 5.  Dommage qu'il soit à New York par contre... le décor était sensationnel, des divans, des rideaux, du bois foncé partout, des lustres, et notre table était juste devant la cuisine qui était ouverte.  Leur principe de service est américain, ils apportent les plats au milieu de la table et le monde se sert.  Puisque ma cousine, Judith et moi sommes des épicuriennes, on s'est partagé tous les plats qu'on avait choisi, pour goûter à tout.  Ma cousine a pris un tartare de saumon que je tuerais pour en avoir encore: une purée d'avocats, le tartare, une petite salade de radis en étagé et une sauce aux cinq épices à se rouler par terre, et une raie en croûte de sel que j'ai moins aimé, mais c'était bon pareil.  Judith a pris des ailes de poulet ultra piquantes, c'était la chose la plus piquante que j'ai mangé de toute ma vie, (une chance qu'on avait du vin blanc et beaucoup d'eau) et des ribs de boeuf braisées qui ressemblaient beaucoup à celles que je fais chez moi dans ma cuisine, elles étaient donc bonnes (je me flatte dans le sens du poil, là).  Moi j'avais choisi des satay de porc, ils étaient bons, sans plus, et un 'sauté' (y'avait rien de sauté là dedans d'après moi) de pétoncles, bonnes comme un nuage, et deux grosses crevettes, dans un bouillon de lait de coco.  Un peu déjà vu, mais délicieux quand même.  Et on a bu, on a bu.  À un moment, on regardait le gars assis seul à côté de nous, et il nous disait vraiment de quoi.  Puis j'ai cliqué: c'était le gars qui jouait le méchant dans le film The Mummy.  On a trépigné de rire sur nos bancs puis le vin m'a fait dire:

moi et le gars dans la Mummy...euh NOT


- I'm sorry, but are you the bad guy in The Mummy?

Le gars, il a trouvé ça très drôle, c'était pas lui.  Il s'appellait Matthew, chef (cuisinier là; Judith et moi on était contentes de parler avec un collègue) et propriétaire d'un hôtel en Californie, et il est devenu notre ami avec qui on a jasé le restant de la soirée, et next time que je vais en Californie (ben next time et first time, oui) je m'en vais dans son hôtel (c'est pratique se faire des amis).  Et on a bu des vins de dessert bien sucrés, un peu trop même, et puisque nos cartes de crédit canadiennes rushaient à passer, on a exigé d'autre vin gratuit, et on l'a eu.  Demandez, et vous recevrez.


des truckers femelles
 Puis ma cousine qui était fatiguée est allée se coucher, et Judith et moi on est sorties dans un bar qui s'appelle le CubbyHole, une genre de taverne pleine de truckers féminines.  Judith voulait me montrer tous les genres de bar de lesbiennes, avec le trash en commencement (ça me rappelle la semaine 1: les bars de danseuses).  Je me suis fait des nouvelles amies lesbiennes, et une d'entre elle m'a dit:

- Puisque tu fais un article sur les bars de lesbiennes, il faut que tu ailles jusqu'au bout et que tu frenches une fille! As-tu déjà frenché une fille, d'ailleurs?

- Moi, frencher une fille, been there done that.  Mais si ça peut te faire plaisir, je vais en frencher une, laisse moi juste boire plus, y'en a pas de mon goût ici. (Ha!)


photo priceless

Les shooters aux States, c'est un film d'horreur: c'est genre trois onces... moi qui est habituée au trois quart d'onces à 2$ de ma job, beuh.  En plus, le Clamato existe pas, aux États-Unis, il n'y a que du jus de tomate, re-beuh.  Au moins la Corona est 6$, c'est moins cher qu'à Montréal...  Il y avait un juke-box et Judith et moi, on a choisi les pires tunes au monde: c'est un peu flou, mais je me souviens qu'on a sélectionné Believe, de Cher. Ha!  Quelle horreur, cette chanson dans un bar... en plus on l'a mis deux fois plutôt qu'une, pour rire.  On est allées au club ''la crème de la femme'' (à dire avec un accent, comme si vous étiez anglophone, ça sonne mieux) mais c'était fermé... poche.  Je n'ai donc pas vu le bar de lesbiennes class.  Alors on est retourné au CubbyHole finir la soirée (il était 2h du matin à ce moment là, les bars ferment à 4h, aux States, c'est l'fun).  J'ai eu droit à un briefing de l'amour entre femmes: il y a toujours une top et une bottom, autrement dit, une qui donne le plaisir et l'autre qui reçoit.  Mes nouvelles amies s'entendaient toutes pour dire qu'elles préféraient donner.  Moi, dans ma tête (et ma vie), c'est donnant donnant, mais non, pas pour elles.  Elles attrapent aussi des vaginites, quand elles font des one night stand, j'me suis sentie moins seule... (parenthèse: il parait que les condoms LifeStyle sont les pires pour la flore vaginale, ma nurse m'a conseillé d'utiliser les Trojan, truc de pro).  Elles utilisent beaucoup les straps-on, et une des lesbiennes m'a dit qu'elle arrivait à venir avec le frotti-frotta de l'engin lorsqu'elle enfile une nana.  Et puis elles se sont demandé quelle lesbienne célèbre était la plus hot entre Michelle Rodriguez, Lindsay Lohan, Angelina Jolie et Kristen Stewart (leur réponse unanime: Michelle Rodriguez).  Pour moi, les trois dernières ne sont pas des lesbiennes (surtout Kristen Stewart, what the fuck), et je leur ai dit, mais elles m'ont dit que tu es lesbiennes ou tu ne l'es pas.  Une bisexuelle, ça n'existe pas, c'est juste des lesbiennes perdues dans leur sexualité, c'est se mentir à soi-même.  Dès que tu te mets à coucher avec des filles, tu es lesbienne, même si tu retourne aux mecs après. Eh ben.

un petit clin d'oeil au club
échangiste et ses films porno
américains


4h.  J'ai vu un rat passer sur le plancher du bar juste avant qu'on parte manger une pointe de pizza (les pizzas québécoises sont franchement meilleures; moins de pâte, plus de fromage), et hop, dans un taxi qui m'a emmené devant mon hôtel où j'ai dû réveiller le gardien qui dormait profondément pour avoir ma clé de chambre.


le vagin reconstruit

9h. Ma cousine me réveille; je lui tend une main pour qu'elle me donne trois Advil, et je me rendors pour une heure.  Il fallait vider la chambre pour 11h, alors j'ai dû me lever tant bien que mal et faire ma valise.  On est allé bruncher et ensuite visiter le musée du sexe: c'était drôle, et très intéressant.  J'ai vu un vagin reconstruit (euh, ouach), les condoms en peau d'intestins d'animal, des vibrateurs des années 40, et toute une section sur le sexe chez les animaux; ça ressemble pas mal à la vie sexuelle des humains, tous genres confondus.  Puis, on est allé chercher ma pote Judith à sa job, et on est allé s'écraser dans le bar du Bryant Park.  Magie: des divans, des balançoires, des chaises longues, un feu de camp au centre, de la bière et de la bouffe, sous un petit toit de feuilles et de lumières comme il y a dans les films de plage mexicains.  Il y avait des toilettes, à l'autre bout du parc, avec des vraies fleurs dans des vases, des sent-bons et un plastique sur le bol de la toilette, que tu pèses sur un piton et il y a du nouveau plastique qui s'installe tout seul; pas besoin de pisser debout tout croche.  C'est pas au Parc Lafontaine qu'on a ça, hein, criss que ça serait le fun.  Quand on a payé, j'ai dit au serveur que si j'habitais New York, je serais leur cliente la plus régulière, et même que je travaillerais là, tellement que c'était beau. Et puis est venu le temps de repartir dans notre bus de juifs, qui venait nous chercher dans le Bronx.  Crado, comme quartier, j'aurais peur de me promener toute seule là bas, moi...

Bryant Park
Conclusion: oui, mon texte est long, mais trois jours à New York, il s'en passe, des affaires.  J'ai même plein de stock que j'ai pas parlé. Ça sera à voir sur www.33mag.com, section magazine, lundi prochain.  MAZEL TOV!