jeudi 28 octobre 2010

semaine 30: le Word Up Battle


WORD UP!

J'aime beaucoup mes amis 33mag.  Ils me font découvrir plein de belles choses: cette semaine, ils m'ont invitée dans un Word Up Battle.  Je ne savais même pas que ça existait, ces choses là.  En gros, un Word Up, c'est deux dudes qui se ''battent'', poétiquement, avec leurs mots.  Un mois avant l'événement, ils apprennent contre qui ils vont se démener vocalement et à eux de trouver des phrases qui riment et qui rient de leur adversaire.  Ils ont amplement le droit de parler de ce qu'ils veulent, comme par exemple, de l'embonpoint de l'un, ou de l'enfant autiste de l'autre, bref, les couteaux volent bas.  Mais c'est accepté, et à la fin, ils se serrent dans leurs bras avec une bonne poignée de main.  Moi, j'aurais des questions à me poser sur moi-même si pendant trois minutes un gars avait fait un poème sur mes défauts... je sais qui je suis et où je m'en vais, mais bon, je suis sensible et tout.  Comme une vraie fille.  Mais après réflexion, peut-être que dans le fond, je serais plus en criss...c'est à voir.

Jeremie et moi, on s'était donné rendez vous au resto; il est arrivé fashionably late, et je me mangeais l'estomac par l'intérieur.  On est allé manger au 'dans la bouche' sur Mont-Royal, qui soit dit en passant, est pas extraordinaire (je suis difficile) et là, il m'a expliqué les grandes règles du Word Up: un MC, ça veut dire 'maître de cérémonie' (j'le savais même pas!), ils ont trois round d'une minute chacun, donc chaque bataille dure six minutes (ah le calcul mental), les gars ont des fiches comme de vrais athlètes (genre 3-1), pas le droit de se toucher physiquement, etc.  Slang, ça veut dire 'expression', et 'se faire donner du brain', en bon français, ça veut dire se faire piper.  Bon.  J'avais mon lexique, j'étais prête.  Et puis là on s'est mis à rire des gens qui étaient clairement dans des dates qui avaient l'air fucking deep autour de nous, tsé, super forcé, et on a un peu regardé la game de hockey, même si je m'en balance vraiment, du hockey...

Quand on est arrivé au Bain Mathieu, où avait lieu le Word Up, il y avait une file monstre et des gardiens qui fouillaient tout le monde, mais fouiller comme j'ai jamais vu fouiller.  Les gars devaient vider leurs poches au complet, les gardes tâtaient vraiment tout, même les bobettes.

- C'est parce que à la dernière édition, y'a un gars qui s'est fait poignarder, m'a dit Jeremie.

Chouette!  Ça c'est mon genre de place.  Puisqu'on est des médias et que 33mag était un fier partenaire de la soirée, on est passé devant tout le monde.  Le gardien m'a volé mon RedBull, a fouillé mon sac bordélique plein de comptes impayés, de vieux kleenex et de vieux slips de paye qui sont presque transformés en kleenex.  Il avait l'air d'avoir fini sa job, alors je lui ai demandé:

- Ben, et moi, tu ne me tâtes pas? À part mes jambes, tu vois ben que je peux rien te cacher là... (j'étais en bas nylon-jupe courte)

- Ouain, ça vient, ça vient... t'as hâte hein!? a-t-il répliqué.

Disons, me faire tâter par un gros garde de sécurité, c'est toujours plaisant... not.  Et quand je suis rentrée dans la place, y'a un dude qui a braqué sa caméra sur moi en criant:

- Un p'tit mot pour le Word Up!



Baz et Jeremie qui attendaient le flash qui n'est jamais venu


Et moi, j'étais tellement surprise que j'ai balbutié un ''euh, bleuh brap pfiou bloup bliii, euh, BRAAAP!".  J'espère de tout mon coeur qu'ils vont le mettre dans leur vidéo.  J'ai juste l'air trop conne, ha!  On est allé se commander de la beer, et Jeremie a pris deux bières et un rhum&coke, et la fille au bar a dit ''je peux voir trois bracelets?"

- J'ai peut-être l'air alcoolique, mais y'en a deux pour moi! lui a-t-il répondu.

- Pourquoi elle veut voir des bracelets? j'ai demandé à Jeremie.

- C'est 16 ans et plus, la soirée.  Les moins de 18 ans ont pas de bracelets, donc ils ne peuvent pas aller commander... 

Et moi, je me suis dit que c'était une technique de marde, leur affaire de bracelets/pas bracelets.  Quand on est jeune et qu'on veut boire, ou fumer, ou whatever, on arrive toujours à ses fins.  Parole de Mitche qui rentrait aux Foufs à la soirée ladies night à 17 ans avec la carte de ma soeur (on ne se ressemble pas pantoute).  Quand le show a commencé, l'animateur, Rémi 'FiligraNn' Ste-Marie, qui était clairement un mec qui a travaillé toute son adolescence dans des camps de jour, nous faisait répéter ''word up" après lui, avec des "oh, j'entends rien, quoi? WORD UP!" de la même manière qu'un animateur de foule d'une émission tournée devant un public demande aux spectateurs un peu emmerdés d'attendre aussi longtemps "ça va bien ce soir? j'ai pas bien entenduuuu?" et que personne ne répond.


un suit de velours caramel, c'est winner.
 J'ai observé la foule.  Ben du jogging (combien de fois je vais devoir dire que le jogging, c'est un pyjama, et que aller en public avec ça, c'est un gros fail? Même si t'es un hip-hoppeux, t'as juste l'air cave), ben des casquettes à palette droite, et des ti-culs underage blancs comme des draps et pas musclés pantoute en camisole blanche.  Eminem style.  Et là, j'ai vu un petit bijou:

- Check là, Jeremie!  Y'a un gros dude avec un suit de velours caramel! HAHAHA!

On l'a pris en photo tout plein, il était merveilleux.  Bon, j'avais pas traîné ma Canon, fort heureusement, parce que la soirée s'est éternisée jusqu'aux petites heures du matin, j'avais juste ma petite caméra de merde, alors ça sort pas super beau.  Aujourd'hui, je regrette de ne pas être allée à côté de lui et de lui demander de poser avec moi.  J'ai demandé à Jeremie et à Baz s'ils voyaient des belles filles, pour les statistiques de mon blogue.  Ils m'ont dit non.

- Elle, elle serait pas si pire si elle était pas habillée comme une conne, a dit Baz.

FiligraNn nous a expliqué les règles.  Ç'a duré un bon quinze minutes... fuck, y'en a des règles à respecter.  Pas le droit de franchir la 'ligne invisible', pas le droit de 'bouher' les gens, pas le droit de faire 'hooon' quand un dude a un blanc de mémoire, pas le droit d'avoir des cheerleaders... ça ne finissait plus.  Le monde recommençait à jaser, alors de temps à autre, il criait un bon " fermez vos kaliss de yeules!" pour pouvoir continuer à expliquer ses règlements.  Et ç'a commencé.  Je ne connaissais pas les gens qui se battaient, mais j'ai ri une couple de fois sur ce qu'ils disaient.  En fait, j'ai bien aimé ça, c'était chouette, voir des dudes s'insulter de manière poétique avec un léger beat de rap a cappella.  La foule embarquait, il y avait, quoi, 150, 200 personnes.


OSTIE que j'suis laide. Hip hop style.



Puis, pendant une bataille, un adepte d'un des gars qui se battait a lancé quelque chose de pas beau sur son rival, Jeune Chilly Chill, paf, ça s'est envolé partout, le pauvre en avait plein dans les lunettes.  Sur le coup, je pensais que c'était un genre de fond de baril de bière à cause de la couleur, tsé, quand tu changes un baril dans un fût, faut pomper quelques temps et y'a juste de la mousse qui sort... puis on a appris que c'était une tarte extra glaçage, et la grande question était ''mais comment il a fait pour entrer avec une tarte dans la place?"  Le voyou s'est fait foutre dehors par les gros gardiens et c'était le chaos dans la piscine, la ligne invisible n'existait plus pantoute.  Un peu plus, et le monde se battaient, avec leurs poings, cette fois.  FiligraNn a empoigné le micro et a expliqué que c'était pas correct de faire ça, mais que ''kaliss que ça va être beau sur caméra!"  Et parlant de caméra, leur lumière ne fonctionnait plus.  Eh les joies de la technologie.  Un léger glaçage, et paf, ça ne marche plus.  Pour calmer la foule, ils se sont mis à pitcher des t-shirts, et mon voisin en a reçu un.  Je lui ai demandé si je pouvais l'enfiler le temps d'une photo; vous voyez ce que ça donne.  C'est juste laid.


un p'tit preview des deleted scenes...

Il y a eu plein d'autres choses qui (me) sont arrivées, mais vous irez lire tout ça sur www.33mag.com lundi prochain, section magazine, faut que je me garde un peu de viande pour mes deleted scenes.

On est ensuite allés au Salon Officiel pour faire du repérage pour une de mes prochaines activités 52.  Elle va être belle celle là, j'vous dis.  Jeremie et moi, on a gagé un shooter de vodka-clamato que le vieux qui était assis au bar et qui me faisait des sourires était un habitué.  Ben, moi, c'est ce que je disais, Jeremie disait que non.  Après s'être renseigné auprès de la barmaid, j'ai gagné.  Je crois que Jeremie ne va plus jamais gager avec moi sur des situations de bar, j'ai trop l'instinct de barmaid, ha. 

Puis, vers 2h du matin, Laurent et Baz nous ont texté pour qu'on aille les rejoindre dans un after où il n'y avait plus de bières, alors on s'est pointé au dépanneur qui vend des caisses de bières après 23h et j'ai essayé de dealer son prix, au bonhomme, rien à faire.  70$ pour une caisse de 24 Molson Dry... comme c'est assez cher, on s'est dit que je pourrais en vendre 5$ la bouteille.  Arrivés au party, Baz était complètement wasted, Laurent dansait et moi j'ai fait passer le message que y'avait de la bonne bière froide à vendre.  J'ai quand même réussi à me faire 40$, alors si on se dit qu'une caisse normalement est 30$, j'ai réussi à rentrer dans mon argent (quelle expression, pareil, rentrer dans son argent).  Surtout qu'il m'en reste, comme si j'allais laisser une caisse à 70$ traîner dans un party d'inconnus, oui, je suis bitch, mais je suis aussi cheap.  Ma soirée au party se résume à me faire engueuler par une jeune femme de 21 ans qui me débitait qu'elle devait quelque chose à son employeur qui la faisait travailler douze heures par jour pour un 25$ de tip quand j'essayais de lui faire comprendre qu'elle se faisait manger la laine sur le dos par un connard, que si elle travaillait deux ou trois jours dans un bar elle ferait plus d'argent et aurait plus de temps à consacrer à ce qu'elle voulait vraiment faire dans la vie. Alors, j'ai haussé le ton, parce que je refuse tout simplement de me faire engueuler par quiconque, surtout quand j'ai raison.  Après mon speech, elle a versé une larme, et bon, j'me sens pas mal, mais faire pleurer du monde dans un party, c'est pas super génial de ma part.  Alors, si tu lis mon blogue, chère demoiselle, je m'excuse, encore, même si on était devenues des amies par la suite.  Mais tu avoueras que j'avais raison, et tiens, j'te paie un shooter si un jour tu te pointes à ma job... sans rancune!  ;)


pour ceux qui veulent en savoir plus: www.wordup-battles.com

jeudi 21 octobre 2010

semaine 29: un 2 pour 1: le Salon de l'ésotérisme + le show de hip hop

Je vais tous les faire, les Salons.  Mon papa m'a dit l'autre jour:

Josiane essaie des colliers powerful


- Fais attention, à un moment, ils vont te reconnaître et ne voudront pas te laisser entrer...

Yeah right.  À ce moment là, je vais m'acheter des perruques et des pif-lunettes, regardez bien.  C'est mon amie Josiane qui m'a dit d'aller là, et moi quand les gens me proposent des activités, je veux les faire participer, alors je lui ai donné rendez-vous dimanche dernier à 14h30.  Quelques jours auparavant, on était dans un lancement et on rigolait sur l'aventure qu'on allait vivre et Jérémie a tout entendu; donc il a voulu venir avec nous.  C'est contagieux, l'Affaire 52.


On voulait pas payer, alors Josiane a dit:


- Laisse moi parler, tu vas voir.


Ok, chérie, montre moi: aoutch, Josiane, mais quelle technique!  Elle arrive là en disant que notre coordonateur leur a envoyé un email, et puis nous a envoyé un email nous disant que c'est ok, de se pointer là bas, que tout est arrangé.  Puis là tous les gens se renvoient la balle "euh attends, je vais demander à mon supérieur", "euh, pour qui vous travaillez? 33 quoi?", "attendez, allons voir l'administratrice du Salon", "euh, okay, ben euh, allez y"... ils sont tous fourrés, ne comprennent plus rien, alors on rentre gratuitement et on peut prendre des photos. et SNAP.  Jérémie, lui, est arrivé en retard, alors il a payé: 14$. bang.



mes photos sont floues même avec ma Canon10D.
j'ai vraiment besoin d'un prof.

C'est petit le salon de l'ésotérisme, et c'est très anglophone.  Il y a un peu de tout: des tireuses de tarot, des liseurs de lignes de main, des hypnotiseurs, des crosseurs, bref, de tout.  On a vu des stand de roches, et Josiane m'a dit qu'elle avait déjà été vendeuse de pierres précieuses; alors moi, je lui demandais "et celle là, elle fait quoi?" et "puis elle?":


- Bah, j'm'en souviens pu...


Il y a beaucoup de chicks, étonnament.  Avis aux gars qui veulent se pogner une nana: ça doit être facile, là bas, si les filles qui vont là croient en ce genre de niaiseries.  T'as juste à leur dire une shit du genre "ma grand mère m'a donné cet oeil de tigre avant de mourir et depuis, ma vie professionelle est très fructueuse" et elle va tomber dans le panneau.  Naïve un jour, naïve toujours.  Moi, je ne le suis plus pantoute, pantoute, surtout depuis la semaine 6 (la voyante) quand elle m'avait dit que j'allais rester avec mon chum pour des années encore et je le crissais là trois mois plus tard, ou qu'elle m'avait dit que j'avais beaucoup d'économies et que j'allais avoir une vie de luxe (où ça?).  C'est donc armée de mes gants de boxe que je suis entrée dans ce salon là.  Y'avait un tournage qui se déroulait dans un stand, et la caméra était braquée sur un monsieur qui, clairement, se faisait dire son avenir par une black qui lisait dans une boule de cristal, avec la grosse robe africaine et des bracelets en or; le kit total, ça fait plus crédible, j'imagine.  J'ai demandé au monsieur en complet-veston qui observait le tout d'un air suffisant et qui avait l'air d'un producteur c'était quoi, le tournage:


- C'est un documentaire sur l'ésotérisme.


- Ah, ha.  Et vous, qu'est-ce que vous en pensez? (oui, je vouvoie les monsieurs en complet-cravate, moi)

- De quoi?


- Ben, de l'ésotérisme?  Êtes-vous plus du côté bullshit ou believer?


- Totally bullshit, il m'a répondu.


J'ai ri et j'suis partie.  C'est plate que la madame à la boule de cristal parlait juste anglais parce que je serais bien allée me faire dire mon avenir verrier: les dimanche, je suis fatiguée, mon anglais est pas trop bon, vers la fin de la semaine, c'est mieux.



le scanner

On a fait le tour assez vite (c'est le cas de le dire, c'était un rond) et on a choisi de se faire scanner la main et de recevoir notre avenir sur papier pour 7$.  Il fallait donner notre nom et notre date de naissance, et apposer notre main sur le scanner, et en moins d'une minute, des papiers sortaient et paf, notre vie était là.  La voici, ma vie: mon expression principale: je désire; mes traits: extrême, puissante; symbole: scorpion, aigle; qualité: fixe (hein?); gemmes: larmes d'apache; couleur: violet, cramoisi; je suis présentement dans l'humeur pour augmenter mes horizons, aller à de nouveaux endroits, vie de goût (j'pense que c'est google traduction qui a traduit ce papier), mes efforts seront remarqués et récompensés, un temps excellent pour acheter et vendre des intérêts artistiques, je dois être honnête et réaliste, me rapprocher de ma famille et accorder de l'importance à leur opinion; j'ai le pouvoir d'impressionner et de persuader mon entourage; je serai également satisfaite des efforts pour améliorer mon apparence (ça veut dire quoi, ça? que j'suis laide, criss?); et oh, période très favorable pour gagner aux jeux de hasard; j'ai un charme fou ces temps ci et je réussis à obtenir des autres ce qui me plait.  Bref.  Ah oui: j'aime la fantaisie en compagnie d'un amant agréable, pour moi, l'amour et le sexe sont des événements naturels donc je suis très à l'aise à ce niveau, j'aime dominer, adoptant au lit la position du dessus -ça c'est pas vrai, moi j'aime être... bon, j'pense que je vais trop en dire là.  Servez vous de votre imagination.  (Un peu plus tard, en prenant ma douche, je me suis demandé pourquoi il avait scanné nos mains?  Il avait juste besoin de notre nom et de notre date de naissance... on s'est fait avoir par un mec de la CIA, j'suis sûre.  Ou un voleur d'empreintes digitales.)

Puis on est allé se mettre en ligne pour poser une question à une madame qui offrait une question gratuite.  Josiane est partie se reposer chez elle parce qu'elle avait les ganglions qui dansaient le mambo dans sa gorge.  Alors Jérémie et moi, on a attendu, quoi, une heure, mais on a bien rigolé, même que j'ai dû déranger ben du monde parce que je ris fort.  À un moment, Jérémie a dit:


- Yé où Raël? Il doit être sur la guest list...


Quote of the day.


On a décidé de lui poser une question vraiment pas rapport, pour voir si elle était vraiment une psychic.  Celle de Jérémie, au départ, était "quand est-ce que je vais mourir?" puis "combien d'enfants je vais avoir?" puis finalement il a demandé "quel est mon avenir" ou une shit générale dans le genre.  Pour ma part j'ai stické avec notre question pas rapport, et ma question était "vers quelle branche professionnelle je devrais me diriger? Je sais vraiment pas quoi faire dans la vie."  Elle m'a dit que j'avais un don pour les recherches, que je serais une bonne policière, détective, médecin (fail, fail, fail), que j'allais avoir un burn out bientôt, et puis elle a semblé troublée, et elle m'a dit:


- Ta question ne concorde pas avec les cartes que tu as sorti.



Jérémie se fait dire son avenir

Shit!  Alors elle m'a dit que ce qu'elle me disait n'était peut-être pas pour moi, mais pour quelqu'un de mon entourage.  Ben oui, c'est ça.  J'ai donc cessé de l'écouter et j'ai pas laissé de tip dans son p'tit pot en mou-mou.  Puis on est allé se promener encore, et j'ai jeté mon dévolu sur un monsieur vraiment gras (qui n'est pas capable de voir son pénis depuis longtemps, comme a dit Jérémie), qui portait un chapeau de pêcheur et qui lisait dans les lignes de la main.  Il demandait 30$, je lui ai offert 10$ et j'me suis assise les mains tendues; il avait plus trop trop le choix d'accepter.  Alors il a sorti sa lampe de poche, et m'a regardé les mains.  D'après lui, j'ai une très longue ligne de vie, je ne possède pas de ligne d'amour, il m'a dit que j'étais trop indépendante et trop occupée pour avoir un amoureux (en plein dans le mille), que j'allais avoir plusieurs carrières et qu'à 40 ans, j'allais avoir un poste où je vais prendre des décisions et avoir beaucoup de responsabilités, bref, être une boss (niiiiice), et que j'avais fait un grand voyage à 23 ans. 



- Vraiment pas, je lui ai dit.

- Ah ben, t'as manqué ta shot!

C'est ça, c'est ça.  Puis on est parti, anyway, le salon fermait.  Jérémie m'a dit qu'il allait voir un show de hip hop le soir même, et moi je lui ai dit que j'avais jamais vu de show de hip hop, alors il m'a invitée.  Ça c'est mon genre de journée bien remplie.


On s'est donné rendez vous chez Laurent qui habite juste en face du Cabaret Mile End où avait lieu le spectacle, et on a bu des cannettes de bière qui traînait dans mon frigo depuis le shower de mon amie Justine (qui a accouché depuis alors, voilà).  Ils m'ont dit que j'étais chanceuse d'y aller avec deux habitués, parce que les shows de hip hop ne commencent jamais à l'heure qu'il est écrit sur le billet, y'a plein de groupes poches qui passent avant, des milliers de pauses cigarettes et tralala.  On est entrés dans la salle, et ça sentait le pot à plein nez, tout le monde fumait.  Et c'est pas très long un show de hip hop, quoi quarante minutes, dont un bon quinze vingt minutes de bla bla, où les rappeurs racontent leur vie.  Le DJ, ou mixeur, ou je sais pas comment ça s'appelle, Ron Devu (à dire avec un accent anglais, encore une fois, please) a fait un genre de solo pas super mélodieux, et il a déchiré son t-shirt.  Et puis, à un moment, j'ai demandé à Laurent:



mon look hip hop
 - Ils l'ont pas déjà jouée, celle là?


- J'sais pas, j'écoute pas trop...



C'était pas mauvais, comme hip hop.  Je connais pas le hip hop, mais je bougeais de la jambe, si on veut.  Puis j'ai aperçu un mec qui avait l'air d'un Juif undercover au bar, alors je suis allée prendre une photo de lui, puis ensuite une photo avec les membres du band.  Ils ont allumé les néons, alors on est parti, et puisque y'a le bar de danseuses Exxxotica juste en face, j'ai dit "on va aux danseuses!" et on est allés, mais pas avant de jaser rap dix minutes avec des amis de Jérémie et Laurent qu'on a croisés dehors, et moi j'ai ab-so-lu-ment rien compris de leur conversation, alors je me suis tu, et j'ai écouté.  Des fois, vaut mieux se fermer la gueule dans la vie.   Après avoir dit bye aux amis, on est entrés aux totons, et le portier nous a dit "c'est 5$ par personne" et moi, je deal tout dans la vie, j'ai répliqué "10$ pour nous trois" et il a dit oui.  On est allés s'asseoir juste devant la scène, et putain, c'est de vraies athlètes à ce bar là, on était tous impressionnés par les moves de poteau que les deux uniques filles de la place faisaient.

undercover


- Ça parait que c'est pas leur première journée de travail... a dit Jérémie.


Il y en a une qui me faisait de sales sourires intenses, je savais pu où me mettre.  Puis elle a monté sur le poteau, s'est mise la tête en bas, elle tenait juste avec ses jambes, et elle a glissé comme une sirène, un ver de terre, name it, (je sais pas le nom du move, je suis pas assez informée sur ce sujet là) jusqu'à terre avec grâce; on avait les gros yeux.  Et je me suis dit que c'est dans ce bar là que j'aurais dû aller pour mon activité des danseuses (semaine 1)...  Puis on est parti après notre bière chercher Kimbo qui était resté tout seul au bureau, et il m'a fait des câlins tout le reste de la soirée.  Kimbo, c'est un chien.

Les deleted scenes en ligne à chaque lundi, as usual, sur le http://www.33mag.com/, section magazine. BRAAAP!