jeudi 26 août 2010

semaine 21: le karaoké

À tous ceux qui me connaissent bien, vous allez vous dire ''eh, un karaoké, c'est une activité que tu fais souvent!''.  Et vous avez raison; mais la vraie activité de cette semaine était prévue depuis quelques temps, et parfois, il y a des choses incontrôlables qui arrivent, comme l'impossibilité de notre hôte (je vous dirai pas c'est quoi, on va se reprendre, don't worry) et à la dernière minute, j'ai dû me trouver une activité de secours.  Je suis donc allée à l'Astral 2000 chanter ma vie, et je n'avais jamais parlé de karaoké encore, et bon, vite vite comme ça, trouver une activité drôle, c'est pas facile. 

18h30.  Mon ami Charles, sceptique, me dit qu'il n'y a pas de karaoké le mercredi soir.  Alors j'ai appellé pour me renseigner, une gente dame me répond:

- Astral 2000? J'appelle pour savoir s'il y a du karaoké ce soir? je demande.

- Habituellement, non, les mercredi soirs, il n'y en a pas, mais il y a une soirée privée ce soir, ma chanceuse, le karaoké est ouvert!

- Excellent, parce que moi, je veux chanter.

rocking Mitche
- C'est bien ça, ma belle!  Mais tu me verras pas, moi, la vieille, je finis mon shift à 9h!

- Hon, quel dommage.

J'aurais vraiment aimé ça voir ''la vieille'', franchement, ça donnait le ton à la soirée.  J'étais debout depuis 6h ce matin là, et je me suis dit qu'en soupant, j'avais le droit de me prendre une petite bière; je n'ai jamais fait ça, boire seule.  Je trouve ça un peu triste.  Mais une bière en amène une autre, puis à 20h30, je me suis dit que pour me donner du courage, et de la voix, je serais mieux avec des shots: jai fermé les rideaux (j'veux pas que mes voisins me voient me faire des shooters toute seule, quand même), j'ai sorti le Jägermeister et le jus de canneberge, et j'en ai bu en écoutant Lost in Translation qui passait à la télé. Un, deux, quatre... et je me suis dit que c'était pas assez, alors j'ai sorti le RedBull que je m'étais acheté en revenant du travail (je déteste le café, alors je bois des drinks énergisants pour me réveiller) j'en ai pris trois gorgées et je l'ai rempli de vodka.  Et je suis allée dans le métro.

Sur le quai, je me sentais un peu dizzy; j'avais chaud aux joues et j'avais envie de parler à tout le monde qui croisait mon regard.  Le Dieu 52 était encore avec moi, je suis tombée sur Paul (voir semaine 1: aux danseuses) dans le wagon et je l'ai convaincu de me suivre à l'Astral 2000, lui qui voulait se lever tôt le lendemain... FAIL.  Il m'a traînée chez lui, où il m'a servi plein de vodka froide dans un verre, on a appellé Rudy, qui n'a pas voulu venir, on a même tenté de convainvre son coloc, qui a aussi refusé d'aller chanter, et hop, on a sauté dans un taxi, parce qu'il était 23h, et que j'avais clamé sur tous les toits qu'à 23h, je serais sur la scène en train de chanter ''Aime'' de Bruno Pelletier. 

y'en a qui chantent mal (comme moi)
 Lorsqu'on est entrés à l'Astral, c'était ma pote Karine qui chantait.  Mes amis Karl et Charles-Antoine étaient déjà là, Cloé et Geneviève sont venues nous rejoindre par la suite.  Quatre perturbés jouaient aux machines à sous, livides.  Je suis allée commander des shooters au bar et c'est là que j'ai rencontré Juan Carlos: un beau monsieur avec des cheveux Soul Glo, pareil pareil comme le mec dans Un Prince à New York, luisants, frisés et longs.  Il m'a dit qu'il est un chanteur reconnu (ah ouain?) mais qu'il refuse de chanter dans les karaokés.  J'ai essayé de le convaincre de me montrer son talent, mais il n'y avait rien à faire, il ne voulait rien savoir. Bof!  

la patronne du karaoké
Karl est allé chanter une chanson de Johnny Cash, et en plein milieu de la tune, la musique a coupé, et une autre chanson a commencé à jouer, et il a tenté de la chanter sans la connaître, c'était drôle, puis la patronne du karaoké s'est excusée, et a reparti Johnny Cash.  On avait nos noms de chanteurs, évidemment: Karine, c'était Rollande, Karl; Bernard, Paul; Jimmy, Geneviève c'était Chanel et moi Roxy.  Je ne me souviens plus de celui de Cloé, par contre, je pense qu'elle n'en avait juste pas; Charles Antoine a pas monté sur la scène une seule fois.

Une quidam est allée chanter la tune des Colocs ''tassez vous de d'là'' et pendant le solo musical, l'image qu'il y avait sur l'écran était un bonhomme avec des cernes de sueur sur le t-shirt qui se grattait la tête; what the fuck?...  Paul ne connaissait pas les chansons québécoises, il était un peu gêné d'aller chanter, mais après quelques bières et quelques shooters (sambuca, vodka clamato, jäger, bref, un beau mélange d'alcool dans mon estomac, j'ai mal à la tête là là), il s'est enfin déniaisé et est allé chanter du Black Sabbath.  Moi, dès mon entrée je suis allée m'inscrire sur le tableau pour chanter mon classique de Bruno Pelletier, ben la salope doit avoir une dent contre Bruno, parce que je l'ai jamais chanté, ma tune fétiche. 

- Hey, j'ai dit à mes amis, elle va tu la mettre, ma tune de Pierre Bruno?

- Ouf, m'a répondu Karl, j'aimerais ben ça entendre une tune de Pierre Bruneau... le présentateur de nouvelles!

- HA, oups! 

notre nouvel ami, The Wolf
Hihihi.  Et là, on a vu un dude à l'apparence sympathique qui avait l'air de chercher ses amis, alors on lui a dit, en faisant de gros tatas:

- On est là!

Et il est resté avec nous le restant de la nuit, notre nouvel ami Sébastien.  On l'a appellé ''the Wolf'' quand on est allé l'inscrire sur le tableau pour chanter ''Coeur de loup''.  Il m'a volé mon calepin de notes, et a écrit son numéro de téléphone deux fois plutôt qu'une, avec le message ''ça fait deux fois que j'écris mon numéro, si t'appelles pas, t'es mêlée!''.

Le seul point négatif du karaoké Astral 2000, c'est que les chansons sont coupées tout croche.  Quand j'ai chanté ''Like a virgin'' avec Karine -que je connais par coeur, et c'est d'ailleurs avec cette chanson que j'ai gagné un poster laid au concours de karaoké à Cuba- j'étais toute fourrée parce que les couplets sont à l'envers, le refrain pas au bon moment, et j'ai crié mon mécontentement dans le micro, à la fin.  Et là Karl a chanté ''et si je pleure dans la nuit'' de Mario Pelchat, et Karine et moi on est allées faire les back vocals, pis pour faire un bon show, Karl et moi on s'est frenché à la fin de la tune, c'était beau.

Rollande qui s'emporte
- On a trouvé une carte d'assurance maladie par terre! Simon Jacques Leclerc est-il dans la salle? a dit la patronne, vainement, parce que Simon Jacques n'était vraisemblablement plus parmi nous.

 Au bar, il y avait trois jeunes mexicains guidos clairement under age qui semblaient rire de tout le monde, et les quatres même personnes étaient toujours devant leurs machines à sous, il y avait même Soul Glo qui s'était rajouté.

Bref, j'ai tellement bu dans cette soirée que les notes que je prends dans mon petit calepin sont carrément illisibles.  La dernière chose que j'ai écrit c'est ''t'es toasté! t'en souviens tu?''

Ce matin, je m'en souvenais, que j'étais toastée, oh que oui.

pour les deleted scenes, allez voir sur http://www.33mag.com/, section magazine!

mercredi 18 août 2010

semaine 20: le Duché de Bicolline

Bon.  Je sais qu'à la semaine 9 (le Salon de la Passion Médiévale) j'avais clamé haut et fort que jamais je n'irai à Bicolline.  Il ne faut jamais dire jamais.

L'acolyte de ma vie, Karine, voulait terriblement y aller, et c'est elle qui m'a convaincue de s'y rendre pour vivre le trip médiéval à fond.  Au départ, on était quatre (deux gars et deux filles) alors on a imaginé toutes sortes de costumes qui incluait quatre personnes: les trois petits cochons et le grand méchant loup (y'avait des cochons et des loups, à l'ère médiévale, hein).  Puis après une soirée bien arrosée, on a décidé qu'on irait déguisés en vulves, on s'était même trouvé des noms: Crackvula et Vulvictine pour les filles, Vagenthor et Vulvotron pour les gars, et notre nom de bande aurait été Vuvectomus.  On voulait avoir des genre de costumes beiges rosés, style écureuils volants, avec un cercle noir sur notre ventre représentant le vagin et notre face aurait été le clitoris.  Puis on s'est dit que c'était trop compliqué à faire, et à ce moment on a perdu un joueur... puis deux... maudits gars, tous des chokeurs.  Alors Karine et moi avons voulu y aller en Lady Gaga; une mission totalement impossible, donc nous avons sorti de notre coffre à costumes des robes et des capes, et je me suis déguisée en noir et elle en bleu.  On a décidé que j'étais une mage et elle une magicienne (presque la même chose, mais bon, ça sonnait bien).  C'est vraiment moins cher et comme ça, on allait mieux se fondre dans la foule.  On a quand même emporté le masque de Santana et celui du Père Noël cochon, pour faire des photos drôles.

Santana
La veille de notre départ, j'ai réalisé qu'il fallait s'inscrire des MOIS à l'avance, et j'ai freaké un peu.  J'ai envoyé un email au Duché de Bicolline leur demandant s'il voulait bien me laisser y aller en tant que reporter 33mag, et j'ai demandé à mon rédacteur en chef de 33mag de me faire une lettre officielle me permettant un p'tit lousse, si jamais on ne réussissait pas à entrer.  Et j'ai vraiment bien fait. 

On est parti de Montréal vers les 19h. On a pogné de la pluie et des orages violents, et Karine m'a cassé les oreilles avec toute la musique des années 80 qu'elle a pu trouver sur mon iPod.  On s'est arrêtées sur le bord de la route pour se costumer, se prendre en photo et rire, rire, et rire encore.  On s'est perdues une, deux, mille fois, on a reviré de bord, retourné sur nos pas, failli écraser deux bébés ratons laveurs vraiment cutes, bref, c'est pas facile trouver des routes quand elles changent de nom, on a dû débarquer dans des dépanneurs trois fois plutôt qu'une pour demander notre chemin (toujours costumées) on est arrivées là à 23h.  On venait tout juste de se stationner et un bédouin est venu cogner à ma fenêtre pour me dire que je ne pourrais pas rester là.  Bon.  Puis, l'organisatrice en chef est venue nous parler.
Le Père Noël cochon

- Qui êtes vous? Pourquoi vous êtes là?

- Euh, on vient à Bicolline, j'ai dit.

- Vous n'êtes pas sur les journées d'inscriptions, c'est lundi, mercredi et vendredi.  Vous ne pouvez pas rester, elle a dit, méchante comme tout.

Bon, elle sera pas facile, elle.  J'ai sorti ma précieuse lettre et patiné un peu:

- Je vous ai envoyé un email hier, j'écris pour 33mag, je viens observer comment se déroule le festival, si ça vous dérange qu'on reste, on va juste aller regarder pendant deux heures, genre, et on va repartir tout de suite...

Et on l'a suppliée pendant un bon cinq minutes.  Elle nous a dit de l'attendre là, qu'elle allait regarder ce qu'elle pouvait faire, et qu'elle allait revenir nous voir.  Derrière nous, il y avait une clôture de bois, style Astérix, à travers les fentes du bois on voyait une scène et plein de lumières et on entendait le spectacle qui jouait. Teaser médiéval à fond.

Deux minutes plus tard, elle est revenue:

- Bon, je t'avais répondu par email que c'était pas possible, mais c'est ok pour cette fois-ci, et on ne vous donne pas plus qu'une heure.  Tu vas me donner tes clés de char et une pièce d'identité, et si dans une heure, t'es pas revenue, ton char, tu le revois pu, elle a dit d'un ton menaçant.

- Je vais te donner mon porte-feuille au complet, mon ADN et mon empreinte de doigt, si tu veux.  Mais merci, merci beaucoup de nous laisser aller voir... ça nous aurait fait chier de faire toute cette route pour rien.

le chemin du Roy: de circonstance
Ça jouait dur.  Puis, elle nous a dit qu'on allait avoir un guide qui allait nous suivre tout au long de la visite (je me suis demandé pourquoi elle me tourmentait de me voler ma voiture si on était surveillées de près comme ça... anyway.  J'attends toujours son email de refus, ceci dit.)

- Salut, je m'appelle Thomas, a dit notre guide, qui à première vue avait l'air fort sympathique.

On les a remerciés encore, et on est entrées.  

Magique, c'est magique.  Ce n'est rien à comparé du Salon de la Passion Médiévale.  Ce dernier est vraiment trash comparé à Bicolline: là, ça sentait bon et frais: de bonnes odeurs de feu de camp et d'épinette; il y avait des torches allumées partout au bord des chemins, une brume épaisse recouvrait le tout, je me sentais vraiment dans une autre époque.  Ça ressemblait aux scènes de villages du Seigneur des Anneaux.  Aucun cellulaire, appareil photo, ou autre engin technologique, des mamans donnaient le seins à leurs bébés costumés, des enfants jouaient à la tag, fuck le x-box.  Plusieurs petites maisons de bois construites à la main s'élevaient de part et d'autre, comme un vrai petit village, pas de vitres, que des volets ouverts, quelques tentes de toiles blanches, et beaucoup de groupes de gens réunis autour d'un feu.

des troubadours
- Au départ, il y avait 300 personnes qui venait ici, et après quinze ans, c'est 2000 personnes qui viennent à chaque année, c'est plus de 150 bâtiments -tous construits selon les normes, d'ailleurs, les pompiers viennent checker tout ça à chaque été, c'est presque un demi kilomètre de diamètre, et beaucoup, beaucoup d'activités à chaque jour.

- Est ce que c'est ici qu'a été tourné L'âge des ténèbres? j'ai demandé.

- Non, c'est une autre place un peu dans le même genre, mais là bas il y a un château, a répondu Thomas.

Il n'y a aucune personne qu'on a croisé qui n'était pas en costume médiéval.  Thomas était un merveilleux guide, il répondait joyeusement à toutes nos questions, même les plus connes, du genre: ''est ce que y'a des blessés graves quand il y a des batailles, ou des personnes en coma éthylique quand vous faites la fête?'' (non et non) ou ''est ce que le monde fourrent partout?'' (non)...  à un moment, Thomas s'est fait arrêté par un bougre en cape noire (on a jamais vu son visage) et il a dû nous faire patienter le temps qu'il retrouvait son alter-ego médiéval et réglait quelques comptes avec cet individu.  On lui a demandé son nom de personnage:

- Gora le Putois, sinon, je suis maréchal, comme en ce moment, quand je porte mon dossard jaune et mon walkie-talkie.  Et vous, d'ailleurs, c'est quoi vos noms? nous a-t-il demandé, amusé, avec un ton inquisiteur.
Isabella la Mage Noire

-Euh.... je suis Isabella la Mage Noire, j'ai dit.

- Et moi je suis Violaine la Magicienne Bleue! a dit Karine.

Puis il nous a emmenées devant l'agora:

- Ici, il y a des joutes, des cracheurs de feu, des conteurs, des troubadours, toutes sortes de spectacles, d'ailleurs, hier, il y avait une fille qui chantait avec son groupe devant sa tente, et on parle d'une fille qui a une formation en chant classique, là, et on lui a demandé si elle voulait bien nous faire un spectacle vendredi soir à l'agora, et elle a accepté.

Karine était comblée, elle qui adore chanter.

- Je veux revenir ici l'année prochaine, rester deux ou trois jours et chanter! elle m'a dit.

- Oui oui, Violaine! j'ai répondu en riant un peu d'elle.

Une heure, c'est vite passé.  Thomas a reçu un message dans son walkie-talkie qui lui disait de nous ramener à l'accueil.  J'ai repris mes clés et mon permis de conduire (elle n'avait pas volé mon auto, finalement) et on est venues pour partir, mais des dudes avaient vidé le coffre de leur voiture juste derrière la mienne.


- Eh!  C'est quoi vos noms, à vous? leur a demandé Karine.

- Lui, c'est Loco, et moi, c'est Grand Chien, a répondu le plus gros.  Loco, c'est rendu un meuble, icitte.

- Va chier! a dit Loco.

on regarde les étoiles
On revient trop l'année prochaine.  Préparées, inscrites, et avec une caméra vidéo cachée dans un animal empaillé.  Oh que oui.  Puis on est reparties à Montréal, sur le coup de minuit, comme deux belles Cendrillon dans nos grandes robes.  Et on est pas retourné en ville sans d'abord s'être arrêté sur le bord de la 153, étalé une couverture champêtre sur le capot de l'auto et regardé les étoiles en mangeant un brie qui goûtait le sperme.  Une belle, belle nuit, qu'on a passé.


Karine et le brie spermique

 


p.s. merci à mes voisins qui se sont achetés un feu de camp en métal et qui en ont fait un live là, quand j'ai écrit mon activité 20.  J'me sentais dans l'ambiance.




p.p.s. pour les deleted scenes, allez voir sur http://www.33mag.com/, section magazine!