mardi 11 mai 2010

semaine 9: le salon de la passion médiévale

Juste le titre en dit long, je n’ai même pas besoin de vous faire une introduction, je sais que déjà vous rigolez sous cape!  (sous cape... sous cape... médiévale! prrout pout tchii)

un geek
Mon chum et mon amie Karine voulaient ab-so-lu-ment venir, surtout Karine avec qui j’avais prévu porter un kit médiéval pour mieux nous fondre dans la foule.  Les deux m’ont choké pour cause de soûlerie la veille, les paresseux, et Karine s’en veut atrocement.  Elle fait bien, parce que c’était quelque chose.  Moi qui me tape une sinusite incroyable, qui en plus travaille toute la journée et toute la nuit, jamais je n’aurais raté cette sortie!  Au moins, Joëlle, ma soeur, a bien voulu m’accompagner, avec l’argument de poids qui était ‘je te paie ton billet’, qui d’ailleurs n’a servi à rien, parce qu’on est entrées par la porte arrière, gratis!  On a vu que le stationnement du centre Pierre Charbonneau, où se déroulait le Salon, était plein, alors on est allées dans le stationnement du Biodôme; on est donc arrivées par derrière l’aréna, et j’ai tout de suite spotté un gars habillé en médiéval qui fumait une cigarette à côté d’une porte grande ouverte qui était clairement la porte du côté jardin.

- Joëlle, on entre par là.

Ma grande sœur, qui n’a pas souvent fait des choses illégales, protestait légèrement derrière moi, mais déjà on était devant la porte et on la franchissait, moi avec mon pas assuré et ma sœur qui me suivait de proche.


le bouc de l'enfer
La première chose que j’ai vu, c’est le mec habillé en bouc de l’enfer juché sur des échasses, et tout le reste du monde habillé en médiéval, évidemment.  Quand j’ai dit à ma mère que Karine et moi voulions se déguiser en médiéval pour y aller, elle m’a dit : « mais vous allez avoir l’air de deux folles! »… et je pense que là, c’était ma sœur et moi qui avions l’air des gens pas rapport, justement parce qu’on était pas habillées en médiéval. 

C’était un aréna avec quatre rangées de kiosques serrés, et il y avait tellement de monde qu’on avait de la misère à avancer.  J’étais un tout petit peu déçue, parce que je m’attendais à quelque chose d’un peu plus… médiéval class; ce que j’avais sous les yeux, c’était du gros médiéval trash.  Je devrais vraiment arrêter de penser que la vie est comme dans les films!  Toutes les filles avaient les cheveux soit rouges, oranges ou roses délavés, avec quelques exceptions à la chevelure longue et blonde comme les blés ou noir comme le jais (et une aux cheveux bleus, d’ailleurs, la ligne est mince entre médiéval et gothique); des gars portaient leurs lunettes par-dessus leur masque (malgré le fait qu’il existe une invention magnifique qui s’appelle les verres de contact), il y avait de nombreuses coupes Longueuil, et c’était assez difficile de faire la différence entre ceux qui portaient de fausses dents et ceux qui n’en avaient pas.  Du Hochelag déguisé, bref. (ouh la joke méchante!)  Sans vouloir être bitches, on a décidé de comptabiliser les belles personnes (en passant belle personne, dans cette situation, c’est quelqu’un d’agréable à regarder physiquement et qui dégage un petit quelque chose de spécial) : on est arrivées à un total de 2½, la demi étant un bambin de quatre ans déguisé en curé avec une toge brune, et une des deux personnes étant un gars avec la moitié du crâne rasé, cheveux et barbe inclus.  Tous ceux vêtus de fourrure semblaient en porter de la vraie; pas étonnant qu’il fasse aussi chaud là dedans… puis un dude est arrivé, avec des anneaux dans le nez, mais sur le nez, à travers l’arête (que je fixais), cape noire, capuchon rabattu, pantalons de jute, toute le kit, là, et une petite voix style Orel dans Le Labyrinthe :

-         Miam, miam, les belles filles, a-t-il dit en prenant le poignet de ma soeur, ooouh les belles filles, j’peux-tu….

-         Hen! le coupais-je, t’es-tu vraiment percé dans ton nez comme ça??

-         Miam miam, dit-il sans jamais lâcher la voix de son personnage et en relevant la manche du manteau de ma sœur (qui ne savait pas trop comment réagir), de la chair fraîche, miam, miam…

-         Non mais, je m’exclame en m’approchant à cinq pouces de son nez et en l’examinant, c’est la première fois que je vois ça!

Il a lâché finalement son personnage pour me répondre avec sa vraie voix, lassé de mes exclamations :

-         Mais non, c’est des faux.

Et il a reprit sa voix Orel, dit quelques niaiseries et mordu carrément l’avant-bras de ma sœur avant de s’en aller.  Ma sœur m’a regardé :

-         Ark, j’ai le bras plein de bave!
-         Hahaha!

De temps à autre, quelqu’un soufflait dans une corne, voulant signifier sa présence. On a croisé à peu près cinq fois des bébés avec des cotes de mailles, plusieurs fillettes en princesses Disney (wtf), un ou deux gars torse nu qui suaient, et un ado frustré (je ris encore en y pensant) qui disait à son ami d’un ton dégouté :

-         Pffff. C’est l’univers de mes parents, icitte…


C’est rare que je rentre dans un endroit de ‘magasinage’ et où je n’ai pas l’envie d’acheter au moins une affaire; ça m’est arrivé en fin de semaine.  C’était des kiosques d’épées en plastique à 130$, des bijoux médiévaux, des vêtements médiévaux, des peintures médiévales, des flèches avec le bout en mou mou, des magazines médiévaux, un camp de jours médiéval, qui d’ailleurs a comme porte-parole Benoît Langlais, tsé le gars qui jouait dans ‘2 frères’…  ma sœur m’a demandé :

-         Tu penses que c’est parce qu’il n’y a plus de job en théâtre?



Personnellement, l’ère médiévale est un temps de l’Histoire que je n’aime pas vraiment, parce que d’après ce que je me souviens de mes cours d’histoire de secondaire 2, le temps médiéval sonne avec les maladies genre la peste, la saleté, des seigneurs poches qui volaient les terres des pauvres, et surtout le monde qui lançaient leurs déchets par la fenêtre, tout simplement,  et je vois pas pantoute le trip.  Je peux comprendre la volonté de vouloir faire semblant d’être quelqu’un d’autre, de jouer un jeu, mais il me semble que ç’a l’air plus distrayant imiter par exemple les Grecs antiques ou les Romains avec leurs dieux amusants genre Dionysos, leurs orgies remplies de vin, les robes à taille empire blanches, les pièces de théâtre à l’air libre et manger des grappes de raisins sur des divans… vous trouvez pas que ç’a l’air beaucoup plus agréable que des batailles de faux barbares, de gros gars saouls barbus et roux (j’sais pas pourquoi on imagine toujours les gros gars médiévaux en roux) qui crient en se tapant dans le dos et imiter de fausses guerres?  Bref, chacun ses goûts, n’est-ce pas…
trouvez les intrus?
Il y avait une scène où on a vu plusieurs spectacles : un groupe de musique –médiévale, bien sûr, du baladi –c’est médiéval, ça?, et des amuseurs publics… non, des troubadours, excusez-moi!  On a vu aussi une ‘bataille’, et je mets des guillemets parce c’était clairement tout préparé d’avance et extrêmement mal joué, et ma sœur et moi regardions la foule de débiles aux alentour qui étaient véritablement transportés par la supercherie et qui hurlaient pour leur personnage préféré.  C’est d’ailleurs la fille qui jouait le page d’un des guerriers qui est ressuscité des morts pour remporter la bataille; la foule était ben contente.  Ça nous a fait penser que je pourrais aller voir de la lutte une bonne fois (voir semaine 16!).

On a participé à un concours de photo médiévales, on est allés voir des combats un peu plus extrêmes dans de petites pièces (les vestiaires, vraisemblablement) remplies de monde et beaucoup trop humide de sueur humaine, on a vu des kiosques de l’armée de la Nouvelle-France (wtf encore une fois) et le menu du jour style médiéval -bien évidemment- était un ragoût de bœuf à la bière Fin du Monde, et une salade Wendake à la Blanche de Chambly (salade composée de fèves, d'haricots, de maïs, et de légumes sautés avec des graines de tournesol). Juste à côté de la cafétéria se trouvait le kiosque le plus intéressant (d’après moi) : des gentes dames qui faisaient leur propres vinaigrettes, chocolats et confitures bios.  Rien de nouveau sous le soleil et pas digne d’achat, mais quand même plus intéressant et utile qu’une photo d’une madame habillée en Marianne des Bois qui joue de la flûte.
                                                                                                       
les geeks qui prient devant l'épée (en plastique j'imagine...)
Pour ceux qui aiment le temps médiéval, il y a du 15 au 22 août 2010 "le plus grand rassemblement immersif médiéval fantastique du Canada : La Bataille de Bicolline" (www.bicolline.org) à Saint Mathieu du Parc.  Dans ma tête, j’imagine ça comme dans ‘L’Âge des Ténèbres’ de Denys Arcand, mais comme je commence à comprendre que la vie est rarement comme dans ma tête, je n’irai pas, et puis deux activités médiévales dans la même année, c’est un peu trop pour moi.  Je sais que je me sentirais comme Marc Labrèche dans le film.  Et de toute manière, St Mathieu du Parc, c’est loin!...

Mention d’honneur au gars qui était déguisé en arbre et à celui en fantôme de l’opéra.  Je suis par contre très triste de ne pas avoir vu le gars qui joue avec trois flûtes dont une dans le nez…et qui a une barbe rousse.  Et bien sûr, merci aux geeks qui priaient devant une épée tellement longtemps que j'ai eu le temps de prendre une photo...


                                                                                                      
                                                                                                      
                                       





lundi 3 mai 2010

semaine 8: le lancement

Ah, le star système. J’avais hâte de m’y mettre! J’avais une autre activité de prévue pour cette semaine mais j’ai changé d’avis à la dernière minute; comment refuser au star système, n’est-ce pas? Je suis donc allée au lancement du premier disque du groupe Balboa, mené par Rémi-Pierre Paquin, le comédien. Je n’ai jamais entendu parler de ce groupe, je n’ai même pas entendu une chanson, rien. Je vais là avec l’innocence d’un enfant.
18h. J’avais déjà « assisté » au lancement du DVD de Louis-José Houde en 2006, ‘à l’Olympia’, en y travaillant, entre la cuisine et le bar, autrement dit j’étais la servante de service, pas la fille qui a un verre dans la main et qui est une invitée… c’est pas pareil pantoute. Donc, j’arrive au Cabaret Juste Pour Rire sous la neige de merde de fin d’avril avec seulement dix minutes de retard et j’entre dans un hall où il n’y a que des posters, des t-shirts, des slinky et des disques du groupe Ariel. J’ai soudainement eu peur de m’être trompée d’endroit, mais pourtant je me souvenais très bien d’avoir lu Cabaret Juste Pour Rire… Puis trois gars entrent et semblent, comme moi, désarçonnés, et l’un d’eux demande à la fille derrière le petit stand de gogosses :
- Euh… le lancement de Balboa, c’est pas ici?
- Non, répond-t-elle, c’est l’autre porte à gauche.
- Je vous suis, j’ai dit aux gars qui sortaient déjà.
le buffet.... (ouach!!!)
Puisque j’avais un de mes parapluies brisés (il le sont tous), je suis allée déposer mes choses au vestiaire; je ne voulais surtout pas être la-fille-qui-va-dans-un-lancement-avec-un-parapluie-chiant-et-dégoulinant. J’ai décidé d’aller immédiatement m’acheter une bière, parce que personnellement, je trouve ça ridicule d’aller dans un établissement et ne rien boire -et j’avais envie d’une bonne bière fraîche, c’est sûr. Même si je n’ai pas envie de boire de l’alcool, je prends toujours un jus ou une liqueur, parce que je sais à quel point c’est chiant d’avoir une foule de gens devant toi et ne rien vendre à boire, donc ne pas faire de pourboire : ça m’est déjà arrivé et plus d’une fois. Mon amie Fred a tout juste eu le temps de me rejoindre avant que je commande la bière. On est ensuite allées se tasser dans un coin siroter nos Alexander Keith’s blonde avec une lime (j’aime beaucoup la lime) et essayer de trouver des vedettes et/ou des chaises, on a pas trouvé ni l’un ni l’autre. On a trouvé une table de buffet par exemple. Ça c’était le pire, je crois, le buffet, j’en ai encore des frissons : deux gros bols, un vert et un beige, qui avait l’air de deux bols de vomi avec une cuillère dedans; je ne peux même pas dire c’était quoi, une énorme salade de macaroni cheap, vous savez, faite avec de la Miracle Whip (ouach), des petites pizza froides découpées en portions individuelles dans des petits papiers de muffins empilés les uns sur les autres en montagne et à peu près trois cent napkins. Des tas de persil frisés étaient étalés par-ci par-là sur la table. C’était pire que dans un salon funéraire! Je me suis promis d’aller laisser ma carte d’affaire à Mister Paquin.
Le spectacle commence, et on a toujours pas trouvé de chaises. J’ai peut-être l’air paresseuse juste là, mais j’étais debout littéralement depuis neuf heures le matin, travail oblige, mais bon, je me suis résignée à rester debout encore un peu, et de toute manière avais-je le choix. Le compas dans mon œil a évalué la foule dans les environ de soixante quinze personnes. Donc Rémi-Pierre Paquin fait un petit speach de début de spectacle qui ressemblait en gros à « nous sommes Balboa, nous faisons de la musique depuis 7 ans, c’est Kim au clavier, François à la batterie, Alex à la basse, Geneviève la choriste et moi-même Rémi Pierre Paquin (la guitare et la voix), on s’appelle Balboa à cause de Rocky… » . Et ils ont commencé à jouer.

oui oui, c'est flou...mais si j'avais mis le flash j'aurais pogné
la têtes des gens et pas la scène...
Bon, je ne suis pas critique musicale (ni photographe comme on peut voir), ni une musicienne, et surtout pas une chanteuse, mais je sais reconnaître quand quelqu’un ne chante pas juste, et quand les harmonies vocales sont ratées. Ce n’était pas si pire, et pourtant j’avais déjà vu mieux, mais bon, j’avais l’impression que c’était un trip de faire un disque et un spectacle peut-être plus pour eux-mêmes que pour les autres, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Quinze minutes plus tard, ils disaient au revoir, et j’ai regardé Fred :
- Quoi? Deux chansons, et c’est tout?
- Ben non, ils en ont joués quatre, a-t-elle rigolé.
- Hein? J’ai vraiment l’impression qu’ils en ont joué juste deux, peut-être trois à la rigueur… déception! j’ai dit.
Puis c’est à ce moment que les vedettes sont arrivées (beau timing). Stefie Shock, Pierre-François Legendre, François Létourneau, Anne Marie Losique, Michel Gauvin-Mike Gauvin (je sais pas c’est quoi son vrai nom), la comédienne qui a le même nez que moi mais que je ne sais pas c’est quoi son nom (j’ai l’air fine là –et non, c’est pas Mahée Paiement), Pierre Luc Brillant, Tanya Lapointe, la journaliste culturel de Radio-Canada qui faisait son topo, et c’est pas mal ça. La musique était pas trop forte, la lumière encore très tamisée, le buffet toujours aussi garni. La salle se vidait peu à peu. Puis j’ai décidé de faire mon enquête et de demander à des gens pourquoi ils étaient là avant que la salle ne soit complètement vide. Les quatre interviewés ont répondu la même chose :
- Ben Rémi Pierre Paquin est mon ami sur Facebook et il a dit dans son status ‘RSVP à tel email pour venir à mon lancement’ et donc, je suis venu, je voulais voir c’était quoi un lancement.
J’ai poussé un peu plus loin avec une fille :
- Est-ce que t’as aimé ça?
- Ben franchement, je suis un peu déçue, elle m’a dit. Je suis descendue de Gatineau pour venir ici, et une chance que je passe la nuit ici et que je vais magasiner demain parce que j’aurais pas aimé faire deux heures de route aller et retour juste pour ça.
Puis Rémi Pierre Paquin est arrivé près de notre table.
- Hep! je lui ai crié. Rémi!
J’ai tendu ma carte :
- Tu sais, ton buffet… ouf, hein. C’était pas trop fort, non?
- Ah ben, on avait un concept de kitsch! Un buffet kitsch! a-t-il dit.
- Ouf, faut le savoir… Mais je pense que tu peux faire kitsch, bon mais surtout appétissant, non? La prochaine fois, appelle moi, je suis traiteur, je serais heureuse de t’aider à pas avoir l’air fou.
- Elle est vraiment bonne! lui a glissé Fred, ma valeureuse.
Mais je pense avoir ruiné mes chances de contrat avec Rémi Pierre Paquin parce qu’après cette petite conversation il a conté une blague qui a vraiment tombé à plat et moi la conne, je lui ai dit ‘ouin, pas trop drôle, celle là’… et oui, c’est bien moi, Mitche, la fille qui dit toujours la mauvaise chose au mauvais moment. Il a immédiatement tourné le dos… Après ma quatrième bière, on a crié ‘last call’ derrière moi, et on a allumé les néons, j’ai regardé ma montre : 8h45. Bof…
On s’est retrouvées dehors avec ma moitié de bière encore pleine. On a fumé une cigarette en se demandant si tous les lancements étaient aussi plates que ça, et on a décidé de partir chacune à la maison, même si on a savait que l’after-party du lancement était au Edgar, sur la rue Mont-Royal. Si on se fie sur le lancement, qui était assez décevant dans l’ensemble, je peine à imaginer l’after. Deux ou trois petites fausses groupies qui lorgnent vers la table des musiciens? J’ai plus d’honneur que ça, quand même. Fred m’a fait un lift jusqu’au métro Mont-Royal et… on a entendu Rémi Pierre Paquin en entrevue à CKOI. Puis un peu plus tard, en zappant, sur ma télé, je suis tombée sur l’émission ‘l’Univers’ à Musique Plus et qui j’ai vu? Rémi Pierre Paquin.
aaaaaaargh!
p.s. je suis d'autant plus choquée par le buffet qu'ils nous ont présenté quand on sait que l'album s'appelle 'buffet'...