lundi 18 avril 2011

semaine 50: au Cinéma L'Amour

C'est le record de l'activité la plus courte de l'histoire de l'Affaire 52, mais j'en ai tant à dire.


Depuis la fois de mon activité ratée au Cinéma l'Amour, Karine et moi reparlions d'y retourner presque à chaque fois qu'on se voyait, et enfin, enfin, on y est allées.  On avait décidé d'y aller habillées comme des chimistes nucléaires, avec une chienne blanche immaculée, des gants de docteur et des masques de chirurgien (mais on a abandonné les deux derniers items parce que ça faisait un peu too much pis anyway je les ai oubliés chez moi).  Quand on se parlait de tout ça, on se disait que ça allait être facile de rentrer là avec nos chiennes blanches incognito, parce qu'on allait avoir un manteau d'hiver par dessus.  Mais cette semaine, quand on y est allées, il faisait beau et chaud, et on avait pas besoin de manteau; c'est donc deux connes en chiennes blanches qui ont déambulées downtown, et on a attiré pas mal l'attention.  C'est à croire que les peintres ont abandonné leur suit, parce qu'on aurait dit que personne avait jamais vu ça, des gens en chiennes blanches.


Je crois que toute personne qui habite à Montréal depuis un bail et qui a déjà passé plusieurs fois sur la rue St-Laurent dans le coin de Duluth sait que le Cinéma l'Amour est gratuit pour les couples les lundi et mardi.  Et mieux encore: vous avez pas idée le nombre de gens qui m'ont dit après la parution du post raté sur le Cinéma l'Amour qu'ils y étaient déjà allé -ceci étant dit, la plupart c'était des gars, hum hum.  Quelques jours avant la première fois que j'avais essayé d'aller au Cinéma l'Amour, j'avais appelé plusieurs fois pour demander quelques informations et il n'y a jamais personne qui répond; c'est un message enregistré d'une chick essoufflée qui décrit les films de la semaine.  C'est impossible de parler à quelqu'un de vive voix et j'aime pas ça moi, j'trouve que ça fait vraiment pas professionnel pour une business -mais c'est vrai que dans le fond, on parle du Cinéma l'Amour ici, alors on s'en kaliss un peu.  Le message qui est enregistré présentement est un peu boring, mais cette semaine là, au mois de février, c'était hilarant; la fille avait une voix de jouissance et récitait son texte pendant un bon cinq minutes, sans jamais vaciller son extase.  Alors, comme je n'arrivais pas à parler à quiconque, j'ai envoyé ce email: "Bonjour, je me demandais si ma copine et moi comptions pour un couple ou si c'est seulement les couples hétérosexuels qui ont l'entrée gratuite? Merci, Micheline" (mon vrai vrai vrai nom est Michèle, qu'on le sache une bonne fois pour toute, mais y'a juste ma mère qui m'appelle comme ça.  C'est Mitche mon nom à moi, bon.).  Juste de même, je serais jamais allée là avec un dude.  On sait jamais d'avance leur déviances (ooooh BRAP BRAP le film qu'on s'en allait voir Karine et moi s'appellait Deviance....).  J'ai reçu la réponse presqu'une semaine plus tard: "Bonjour, vous et votre copine bénéficiez du même forfait.  Passez nous voir! Cinéma l'Amour."  Niiice.


Donc on était là, à marcher en direction du cinéma sur St-Laurent quand un débile qui vend des assurances depuis genre ma naissance et que je croise fucking partout nous a gueulé par la tête "CECI EST MON CORPS LIVRÉ POUR VOUS" en se pognant le pénis à la Micheal Jackson.  Par un pur hasard, j'étais en train de prendre Karine qui marchait en photo, et je l'ai eu lui, en plein dans le mille.  Il a déjà essayé de me vendre ses putains d'assurances quand je travaillais derrière un bar populaire et puant du centre-ville il y a quelques années, je le croise au moins une fois par trois mois sur la rue, et y'a même pas deux semaines il est entré dans mon wagon de métro en disant haut et fort que "grâce à mon manteau long, quand je pète ça me remonte au nez" avant de s'en aller.  Montréal est tellement étrange des fois; je vois sans arrêt le même stupide bonhomme mais je tombe jamais sur les gens que j'aimerais vraiment voir par hasard.


Quand on a pénétré dans l'antre du cinéma porno, la dame à la caisse a eu un air déconcerté.  Karine et moi étions debout devant le comptoir, un ange est passé et j'ai dit:


- On est un couple.


- Oui, a confirmé Karine.


- Aah, euuh... okaay, a-t-elle bégayé avant de déchirer le coin d'un petit billet et le tendre de sa main hésitante.


On s'est précipité dans la salle en retenant nos rires et une fois passé la porte rouge en mou-mou, on a arrêté de faire du bruit parce que c'était vraiment silencieux et on y voyait absolument rien.  On a cherché les bancs à tâtons (on aurait dû apporter les gants) et on s'est assis.  La salle est vraiment longue et l'écran, tout au bout, est minuscule.  Un homme était assis à notre droite, dans l'ombre, et quelques autres petites têtes à l'avant à gauche nous prouvaient qu'au moins, on était pas seules avec un homme-sans-visage devant un écran projetant des chicks qui sucent des pénis.  Environ deux minutes après avoir déposé nos culs sur les bancs, Karine me dit:


- Regarde, y'a deux personnes qui se frenchent, là bas.


- Ouaip, et regarde, là, y'en a deux autres, j'ai ajouté.


- Ah ben ouais.  Lui, tu penses qu'il fait quoi? elle a chuchoté en pointant un homme debout, à gauche.


- Ben, j'sais pas, ça doit être le gardien, j'ai dit en haussant les épaules.


- Mais non, voyons, y'a pas de gardien au Cinéma l'Amour... mais, mais, mais, regarde!  Il se masturbe! elle a chuchoté très fort.


- Ok, on s'approche, j'ai dit, en retenant mes rires.


Un attroupement s'était développé vers l'avant, dans le coin des deux personnes que j'avais pointé, et maintenant, en plus de l'homme que je pensais être un gardien il y en avait au moins six qui étaient debout et qui observaient ce qui se passait.  Karine m'a dit à l'oreille avec une voix chevrotante:


- Mais qu'est-ce qui se passe?


- Suis-moi, on va vraiment à côté, voir.


Dans ma tête, déjà qu'en chienne blanche on flashait en criss dans le noir charbon de la salle, je voulais me faire encore plus incognito que je pouvais le faire en me glissant doucement à côté du petit cercle et observer en silence la scène, mais voilà que la niaiseuse de Karine se pointe la face direct entre les hommes qui ont en majorité la braguette baissée, et elle dit:


- Scuuusez, on vient juste ob-ser-ver, hein.


Je me suis tapé le front; plus incognito que ça, tu meurs.  Le troupeau a eu une petite vague de retrait et j'ai senti tous leurs regards vers Karine et moi, les deux étranges en chiennes blanches, mais bien vite ils sont retournés à leur occupation.  Et là, .... je ris encore très fort de ce que j'ai vu (et je le vois encore, c'est gravé dans ma mémoire, à jamais, je crois)... (désolée de la nouvelle parenthèse, mais je ris tellement présentement que j'ai juste envie d'écrire ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha) alors j'y vais: une grosse latina, dans la quarantaine environ, cheveux longs, frisés et humides, style Soul Glo, assise sur sa hanche gauche, la jambe droite un peu relevée.  Elle avait le pénis de 'son' homme dans sa main droite/sa bouche et le pénis d'un autre gars debout dans sa main gauche, deux ou trois autres types avaient sorti leur engin et se masturbaient en la regardant et un autre assis pas loin de la fille lui passait le doigt.  Le détail qui me fait vraiment rire, c'est que les hommes qui étaient là, à moins d'un mètre de nous, le pénis à l'air n'étaient que des vieillards, des monsieurs aux cheveux blancs, "des vieux qui ont pas internet, criss!" comme disait Karine en sortant de là moins de trois minutes plus tard.  Si au début de l'Affaire 52 on m'avait dit "tu vas assister à un gang bang de l'âge d'or" j'aurais fait pfffff et je l'aurais jamais cru.  Mon premier gang bang!  Des vieillards!  Come on.  J'ai pris des photos de tout ça, mais on voit rien évidemment, sans flash. 


En tout et pour tout, on a dû rester environ huit minutes au Cinéma l'Amour.  On en avait assez vu; c'était facile de s'imaginer la suite et ça nous tentait pas plus qu'il ne le fallait d'assister à tout ça, et regarder un film de cul prendant que y'a une orgie de vieux live à côté de moi, bof, hein.  Et puis, maintenant qu'on était repérées (merci Karine), on a  préféré quitter les lieux avant qu'un de ces vieillards se rappelle que malgré nos costumes bizarres, on a nous aussi des vagins.


On est allées acheter de la bière et on a bu en riant de notre premier gang bang.  Et maintenant, quand je dis "gang bang!", je ne sais plus si je dois penser à St-Tite ou à ce gang bang de vieux...  Je vote pour St-Tite.


Je crois devoir ajouter que tout ça s'est déroulé un mardi à 17h.  Ouain.


Cette semaine sur 33mag, je persiste avec mon Manuel du Parfait Client, volume 2, chapitre 2.  Dans pas long, je vais sortir celui qui parle des interactions avec le DJ, parce que la musique, on aime ça.


Un petit come-back sur la semaine passée, chez Imago: ma mère, qui déteste les tattoos d'une haine inexpliquable, a avoué sans même que j'aie à la torturer que mon tattoo est très beau et bien réussi.  Ça, ça veut dire que Hughes est un tatoueur de feu!

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